Après plusieurs autres adaptations de romans policiers en bande dessinée, c'est au tour du Serpent Majuscule de Pierre Lemaitre de passer entre mes mains. Une première pour moi, puisque je n'avais jamais lu le roman.
Et sans être exceptionnelle, Le Serpent Majuscule fut une lecture plutôt divertissante. Son postulat est à la fois drôle et saisissant : Mathilde, une ancienne résistante devenue tueuse à gages, profite de son apparence de vieille dame pour accomplir ses contrats en toute discrétion. Après tout, qui pourrait se méfier d'une personne âgée ? Malheureusement, les choses dérapent lorsque la démence commence à rattraper Mathilde...
Plus que terrifiant, le récit est complètement déjanté. Certes, il faut accepter une bonne dose d'invraisemblance tant il semble difficile de croire que Mathilde, qui perd peu à peu la tête, puisse continuer à mener ses missions à bien. Mais c'est aussi ce qui fait le sel de l'histoire : on ne sait jamais à quoi s'attendre, et le récit bascule progressivement dans une folie toujours plus marquée, accompagnée d'une violence de plus en plus extrême.
En revanche, j'ai été surpris de ne voir émerger aucune véritable morale. C'est un choix qui fonctionne pour préserver l'effet de surprise, mais une fois la lecture terminée, il ne m'en reste finalement pas grand-chose. J'aurais aimé que le récit donne davantage de sens à cette violence gratuite.
Là où la bande dessinée m'a au contraire conquis, c'est sur la partie graphique. Les dessins de Dominique Monféry sont magnifiques. J'ai été séduit par les choix de couleurs et leurs contrastes, tandis que la caractérisation des personnages passe énormément par leurs expressions et par une mise en scène très dynamique. C'est même, je crois, cette qualité graphique qui m'a donné envie de dévorer l'album d'une traite, bien plus que son histoire.