Une excellente surprise. Une ambiance et un graphisme qui font penser au Jacques Tardi de la série "Adèle Blanc sec". Côté scénario, on est dans une ambiance fantastique qui renvoie au meilleur des années Universal, la référence au final du Frankenstein de James Whale est explicite. Les codes du genre sont nombreux (la panne qui permet au récit d'exister, la défiance des autochtones pour les "étrangers", les ruines, les personnages ambiguës). Le récit est égrené de nombreuses réflexions pertinentes : la lâcheté et la versatilité de la foule, la cuistrerie des faux cultivés. Le scénario ne se prend pas au sérieux, (on n'est pas dans E.P. Jacob) et l'album ne manque ni d'humour ni de fantaisie, à ce propos voir Doutedieu en travesti est assez hilarant. Et Savard se permet même de saupoudrer son récit d'un doigt d'érotisme. Le dessin et la mise en couleur sont parfaitement maîtrisés. Il faut néanmoins constater que le récit ne fournit pas toutes les réponses : Pourquoi les victimes sont-elles toutes blondes ? Quel est la finalité de ces sacrifices ? Qui sont tous ces trisos encadrés par des bonnes sœurs. Quelques planches supplémentaires auraient peut-être permis de nous éclairer à ce sujet. Quoiqu'il en soit cet excellent volume donne envie d'en lire d'autres.