Je ne connaissais pas Chloé Cruchaudet et je remercie un moteur de recherche de vente culturelle de m’avoir fait découvrir son style et sa dernière œuvre. En effet, les Belles personnes est une bande dessinée au concept interessant car Chloé Cruchaudet l’a réalisé à partir de textes relatant des hommes et femmes de l’ombre.Ceux-ci deviennent beaux car éclairés par le regard de proches ou de passants de circonstance. Comme la dessinatrice, j’ai lu les récits originaux et me suis ensuite penché sur ses dessins pour voir comment la création avait infusé en elle. C’est fascinant de voir, en fonction de la personne décrite, de constater comment Chloé Cruchaudet choisit des couleurs vives ou plus froides.L’autre aspect, plus exploité dans la partie consacrée à sa copine Seï ( seul intermède de la bande dessinée où l’auteur parle d’une de ses proches) est d’inviter la caricature. Elle se dépeint elle-même avec une tête de chien aux oreilles tombantes tandis que Seï a un museau très fin.Pour ma part, deux récits m’ont particulièrement touché: celui du fantôme de l’abribus où une jeune femme décrit sa complicité avec Mahmed, vieil homme philosophe et rieur; et Madame Neuville, une professeure de philosophie à la personnalité fantasque et attachante.J’ai vraiment passé un moment délicieux avec Les belles personnes et Chloé Cruchaudet m’incite à penser qu’on ne met pas assez sous les projecteurs les autrices/dessinatrices de bande dessinée. Il est grand temps d’y remédier.