Mmh, pas vraiment convaincu, Clarke ne parvient pas à aller au bout de ce concept autobiographique.
En effet, les récits sont inégaux et le ton surtout ne sied pas toujours : ainsi, on trouve des gags très 'Spirou' et d'autres petits moments tendres ou dramatiques sans chute (on sent parfois de la difficulté à conclure un récit). Ce qui est horripilant c'est à quel point Clarke se met en vedette, sans défaut, ou alors s'il en met, c'est pour se faire bien voir malgré tout ; de ce fait, ça manque de couilles, de sincérité, c'est trop lisse, trop insipide. Le tout est trop décousu aussi : par moment on croit que l'auteur va creuser un sujet, approfondir un thème et délivrer quelque chose à la fois universel et personnel mais Clarke semble prendre peur et préfère changer de sujet, voire partir dans un gag très mal venu à ce moment de l'album... Reste quelques moments touchants, quelques gags réussis ... mais le reste est bof.
Son graphisme me laisse perplexe : vu le ton, ça passe (c'est toujours mieux que lorsqu'il veut faire du thriller), n'empêche que c'est pas un style qui fonctionne à merveille pour traduire les tracas du quotidien. Sa mise en scène est parfois un peu trop ambitieuse, ça manque de sobriété. En fait, il a dessiné ces histoires comme il dessinerait Mélusine, et c'est un peu dommage. Mais bon, son trait est tout de même agréable, son encrage est plaisant.
Bref, un peu déçu par ce premier album autobiographique ; j'espère que, s'il retente l'expérience, qu'il aille plus loin, qu'il assume un peu plus le sujet et qu'il cesse de se valoriser...