Nouveau one-shot de Juni Ba, Mobilis reste dans la wishlist mais ce Roi des Aulnes m’aura fait un peu plus de l’œil. Juni Ba se présente comme un auteur complet puisqu’à la fois au scénario, au dessin et à la colorisation. C’est d’ailleurs très certainement la partie graphique qui attirera le lecteur sur l’œuvre et à raison. Juni Ba a une vraie patte graphique que ce soit dans le design de ses personnages mais aussi dans le découpage et la composition de ses pages. L’auteur joue habilement avec les codes du « gaufrier » classique des comics pour livrer une composition changeante et dynamique.
Pour ce qui de l’histoire, Juni Ba a pris un malin plaisir à enchevêtrer ses chapitres/fables dans un récit non linéaire. J’ai particulièrement apprécié le fait que chaque fable vient distiller, de manière plus ou moins explicite, des éléments ayant un écho plus tard dans le récit. Là où j’ai trouvé cela bien fichu c’est que l’auteur ne cherche pas à prendre le lecteur par la main et nous laisse faire, seul, la connexion entre les différents éléments. Ce n’est jamais très complexe en soi, certes, mais il reste agréable d’avoir la sensation d’avoir compris la connexion. D’ailleurs, malgré son découpage en chapitre, je recommande de lire la BD en une seule fois tant les fables sont imbriquées les unes dans les autres.
La fin a été un peu plus en demi-teinte pour moi : je l’ai trouvé à la fois trop verbeuse et trop en longueur et je suis également passé à côté de l’émotion qu’a voulu provoquer l’auteur.
Malgré ce petit bémol, nous avons ici un comics à la partie graphique magnifique, une lecture maligne mais accessible, en one-shot et original dans sa structure. Un cadeau idéal pour tous lecteurs de comics (ou fans de fables, mais il y en a peut-être un peu moins).