On aurait beaucoup de mal à retrouver la saveur particulière du recueil éponyme de Baudelaire dans les pages de ce manga en 11 volumes écrit par Shuzo Oshimi. Le seul point d’attache réside dans le fait que le héros principal de l’histoire considère le classique de la poésie comme son livre préféré. Mis à part ça, le manga dans son ensemble, malgré quelques longueurs (langueurs), va beaucoup plus loin en terme de perversion que les suggestions poétiques de Baudelaire.
Adolescent timide, Takao est mal intégré et aime secrètement Nanako, la jolie fille de sa classe. En retournant chercher son recueil de poésie oublié à l’école, Takao trouve un jour la tenue de sport de Nanako et la dérobe impulsivement. Pas de chance pour lui, il a été vu par Nakamura, la fille la plus étrange du lycée, et elle a des idées très arrêtées sur ce qu’elle veut ; une caractéristique qui la distingue des deux autres personnages. Elle va donc faire chanter Takao, le menaçant de tout dévoiler s’il ne fait pas ce qu’elle veut.
Une trame somme toute assez classique, mais que l’auteur sulfureux a mis au service d’un florilège de diverses perversions, plutôt bien décrites. Ce rapport de domination/soumission, accepté et refusé simultanément est à l’origine de grosses surprises narratives.
En fait, on ne sait jamais vraiment sur quoi tout cela va aboutir, et c’est sans doute le mérite principal des Fleurs du mal, et ce qui a fait son succès mérité. Le manga a été nominé au Japon pour le très prestigieux prix Taisho, et il s’est vendu à plus de 2 millions d’exemplaires.
« Les Fleurs du mal », de Ôshimi Shûzô
Editions Ki-oon
Série en cours / 3 volumes disponibles
6,60 euros