J'ai absolument adoré le fait que Shuzo Oshimi réutilise sans pour autant recycler par paresse l'autodestruction du personnage principal comme dans son autre œuvre Les Fleurs Du Mal. Il a un style unique, qui laisse paraître les émotions des personnages avec un réalisme sur les traits du visage qui est pour moi l'un des plus grands atouts de ce manga.
On ressent l'emprise mental et moral que la mère de Seiichi lui porte. Il commence par déréaliser, puis s'ensuit une perte d'identité, un amour qui se transforme en haine suite à des révélations tardives. L'indifférence qu'il porte envers les émotions de son père se transforme en une lourde culpabilité. D'ailleurs j'ai grandement apprécié le personnage qu'est Ichiro le père de Seiichi, je le trouve très humain, incompris et rejeté par sa famille, il se voit tout de même faire de tout son possible pour apporter ne serait-ce qu'un moindre bonheur à son fils. Il oublia même une chose essentielle, celle de vivre sa propre vie. Il est pour moi la parfaite représentation d'une figure paternelle.
La fin m'a laissé bouche bée, Seiichi a choisi la meilleure décision qui lui était proposée. Il décida de vivre seul, éloigné du monde mais sans pour autant laisser les dégâts que sa mère lui a causé. Ces dégâts ne disparaîtrons jamais bien qu'ils restent flous il reste toujours des traces intangibles de la vie que sa mère lui a imposé. Sa vie n'était dédiée qu'aux envies de sa mère. Jusqu'au bout il résidera dans l'ombre de celle-ci.