Ma note est neutre et ne reflète aucune opinion.
Cette critique couvre l’ensemble de la trilogie.
La première chose qui frappe, dans Magda Ikklepotts, c’est son écriture saturée de bons mots et de dialogues qui se veulent vifs, cinglants et lapidaires. N’ayant pas grand-chose à raconter, il est naturel que les auteurs misent sur des répliques qui ont sans cesse des airs de dernier mot : ils s’évitent ainsi de trop développer une intrigue et des relations entre personnages sans intérêt. La BD s’enferme ainsi dans un pastiche de polar qui reste à la surface du genre.
Le graphisme ne relève rien. S’il est plastiquement impeccable, le dessin ne parvient pas à rendre le mouvement, ni dans la progression du récit, ni dans les corps en déplacement, ni dans l’expressivité des visages : la rigidité générale, ne parvenant pas à explorer l’espace, redouble finalement la superficialité d’un scénario qui ne parvient pas à nous entraîner en profondeur. Quant aux designs des personnages, ils décalquent assez bien leur personnalité : beaux jusqu’à la lisseur et trop propres sur eux, on y sent une inspiration du côté des boys bands et autres top-modèles des derniers Final Fantasy, qui camouflaient mal, eux aussi, la futilité de leur caractère.
Pas davantage, donc, à chercher du côté des personnages. L’irresponsabilité et l’émotivité à tendance colérique de Magda pourraient appeler un développement, mais les autres personnages sont trop occupés à l’accepter et à la soutenir pour qu’une quelconque conflictualité émerge de ces traits pourtant identifiables comme des défauts évidents, donc intéressants. Quant à sa contrepartie masculine, Malo, il n’est l’occasion que d’une amourette aussi superficielle que le reste, puisque basée sur une attraction somme toute faite d’apparences : il est beau et ténébreux, et l’érotisme qui pourrait émerger de son mystère ne sera jamais exploré, délaissé au profit d’un coup de théâtre invraisemblable.
L’ensemble, inévitablement, évoque une sorte de mauvais roman YA* illustré, et son graphisme, qui pastiche malgré lui les couvertures du tout-venant de ces mêmes œuvres, n’aide pas à effacer cette impression.
* Les young adult novels recouvrent la part destinée aux « jeunes adultes » de la littérature jeunesse. Comme toute production commerciale prolifique, elle a produit ou reproduit de nombreux clichés, que l’on retrouve ici à foison.