Si le propos de cette BD, qui s'apparente plus à une nouvelle graphique, est intéressant sur le temoignage qu'elle donne sur une famille ayant subit la shoah, elle ne m'a pas boulversée.
Tout d'abord, la représentation des personnages sous forme d'animaux me dérange car elle met en avant la différence entre les peuples et les confessions. C'est très paradoxal de dessiner tous les juifs comme des souris, les allemands comme des chats, les américain des chiens...etc. Je trouve que celà va à l'encontre du propos et que ce choix va malheureusement dans le sens de l'idéologie de la "race" pronée par le régime nazi.
Ensuite, ce livre est le témoignage d'un survivant, le père du dessinateur. Et je ne vois guère où est le génie de l'auteur dans cette "simple" (entre guillements, je sais bien que cette simplicité est toute relative en bd) mise en bd de l'histoire de son père. Le dessin est "sec", et bien que ce soit visiblement un choix de l'auteur, ces esquisse en noir laissent bien peu transparaitre d'émotion. Je trouve donc personnellement l'oeuvre froide et détachée. La personnalité de l'auteur y est surement pour quelque chose. On analyse pas forcément très bien les situations lorsqu'on est trop impliqué dans une histoire. En revanche, celà permet de décrire l'histoire sans angélisme ni manichéïsme. Et c'est surement ce qui donne son bon point à l'oeuvre. Personne n'y est vraiment sympathique. Nous somme au coeur des rouages qui ont transformés des humains en animaux ou en machines. Et c'est bien ça qui fait froid dans le dos.
Enfin voilà. Je n'ai pas été plus emballé que ça. Surement parce que la réputation de l'oeuvre m'en faisait espérer quelque chose de plus profond. C'est l'inconvénient de découvrir après avoir entendu trop de bien de quelque chose. On est forcément plus critique.
Cette BD à le mérite qu'ont tous les témoignages directs de cette période noire de l'histoire: nous mettre en garde sur le racisme, le faschisme et les idéologies simplistes basées sur la xénophobie. C'est un bon essai sur l'humain qui montre sans angélisme que nous somme tous les mêmes et c'est surmement une excellente thérapie pour son auteur. En revanche ce n'est pas l'oeuvre géniale et incontournable que l'attribution du pullitzer peut laisser espérer.