Un père au phrasé asyntaxique évoque ses réminiscences de la Seconde Guerre mondiale et notamment de la vie journalière dans le camp d’Auschwitz.
Premièrement, j’encenserais le support qui est tellement plus ludique qu’un tantième livre-témoignage. Les apophtegmes foisonnent, si bien qu’il fut très ardu d’en sélectionner un seul pour titre. Cette bande dessinée use d’un procédé qui rend le récit davantage captivant, c’est le faux espoir : plusieurs fois, on croit Vladek proche de la sortie de cette funeste galère, avant qu’une énième épreuve afflue faisant fluctuer notre quiétude. L’élocution foutraque, la xénophobie du vieux Juif envers quelqu’un d’origine africaine et le frayage de simples animaux avec des anthropoïdes sont fort cocasses. Les moments dans le présent pourraient être intempestifs, mais ils permettent a contrario de reprendre haleine. Les illustrations sont graphiquement dans une certaine retenue, prosaïques et sans fioritures. Néanmoins, si je devais lui trouver un défaut, je dirais que l’anthropomorphisme est manichéen et qu’il doit plaire aux plus fervents hitlériens (des chats nazis se débarrassant de la vermine sémite).