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Lecture plutôt plaisante, même si un peu rushée et parfois maladroite. Elle a au moins eu le mérite de me faire lire mon tout premier comics en anglais, faute de parution française - ce qui reste assez difficile à comprendre au vu du succès de l’auteur.
Que dire de Memetic ? Je souhaitais remonter à la genèse des travaux de James Tynion IV, découvrir l’un de ses premiers travaux indépendants, en dehors du bastion DC. Et ma foi, disons que c’est un bouquin honnête, une sorte de première pierre, pas encore bien droite, mais annonciatrice d’une carrière qui s’annonce solide. On repère déjà, ici et là, quelques obsessions et motifs que l’auteur s’amusera à tirer ou développer plus amplement par la suite dans ses autres séries : fin du monde / protagonistes adolescents / terreur numérique / double narration convergente / etc.
Mais plutôt que de dégobiller directement mon avis, je vais d’abord lui laisser la parole.
James Tynion IV, au sujet de Memetic : « Les plus grandes angoisses modernes ne sont plus liées à la technologie en elle-même, comme dans les récits de SF des années 80-90, mais à l’usage humain de cette technologie. Internet permet une diffusion instantanée des idées, et certaines d’entre elles – complotistes, haineuses ou émotionnellement toxiques – se propagent parce qu’elles provoquent une réaction viscérale. Memetic pousse cette logique à l’extrême : si une idée dangereuse mais séduisante devenait virale, les conséquences seraient immédiates et irréversibles. L’apocalypse de Memetic n’est donc pas causée par une invasion extraterrestre ou une IA, mais bien par notre propre rapport à l’information et aux émotions. »
Pour James, donc, nous partageons rarement des informations pour leur utilité réelle, mais pour l’émotion qu’elles génèrent : colère, peur, rire, indignation. Memetic s’inscrit dans cette logique en montrant un monde qui s’effondre non pas parce que les gens sont manipulés contre leur gré, mais parce qu’ils désirent activement propager ce qui les affecte émotionnellement, même si cela s’avère destructeur. Le meme du paresseux incarne parfaitement cette idée : une image innocente, presque banale, mais suffisamment étrange pour accrocher le regard et devenir létale.
On peut retrouver l’héritage de ce postulat chez Carpenter et sa trilogie de l’Apocalypse, en particulier L’antre de la folie. Une trilogie marquée par un sentiment d’inéducabilité, d’absence totale d’espoir, et l’idée qu’une menace peut se propager à la fois physiquement et mentalement. Dans L’antre de la folie (lui-même inspiré des textes de Lovecraft), c’est un bouquin qui est à la racine de la destruction de la réalité et ceux qui y croient. D'ailleurs, pour Tynion, le concept de « pensée mortelle » est l’une des formes d’horreur les plus pures : une idée qui s’installe dans l’esprit, se développe, et finit par tout ravager. Et c’est ce que témoigne cette fin du monde accélérée fleurant bon le prologue du Fléau de King.
Film catastrophe en temps réel, visuellement, James évite le gore excessif ou l’horreur ostentatoire (exception faite de son climax et cet amas de chairs). Du côté des personnages, ils servent logiquement de point d’entrée émotionnels. Le protagoniste principal, Aaron, est partiellement autobiographique, dit-il. Tynion le décrit comme une version plus jeune, plus anxieuse et plus passive-agressive de lui-même. Son handicap (daltonisme et surdité partielle) sera une sorte de super-pouvoir pour survivre à la catastrophe (sa rétine ne perçoit pas toutes les couleurs de l’image et n’en capte donc pas pleinement le stimulus), ainsi qu’un point d’empathie supplémentaire.
James tenait également à faire d’Aaron un personnage queer (une constante à l’avenir), choix encore trop rare dans les récits d’horreur, selon lui. Pour quelqu’un bercé par les écrits de Clive Baker, ça se comprend aussi. Les personnages ne sont ainsi pas conçus comme des archétypes avec des ficelles, mais plus comme des individus ordinaires confrontés à un effondrement incompréhensible.
Avec Memetic, James Tynion IV et Eryk Donovan transforment le meme (symbole / langage de notre époque) en vecteur de destruction totale. Ils pondent une jolie fable noire sur la viralité des idées et la fragilité de nos sociétés hyperconnectées.
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Créée
le 13 févr. 2026
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