Un roman graphique qui parle d'une relation toxique, dont l'héroïne (Freddy) va mettre du temps à s'en émanciper.
En même temps, Laura Dean est une perverse narcissique couplée d'une belle gosse.
Elle arrive donc bien à garder Freddy sous sa coupe, en normalisant le fait qu'elle la trompe et rompe avec elle régulièrement, tout en pouvant revenir la voir quand elle le souhaite et critiquer son entourage.
Le cercle vicieux dans lequel reste l'héroïne, l'amenant à se blesser et même à blesser son entourage, est bien traité.
Et j'ai beaucoup aimé comment Mariko Tamaki rend naturel le fait qu'on suive une relation queer dans un récit qui s'inscrit également dans ce milieu.
Elle arrive à ne pas tomber dans des clichés ou même que cela sonne forcé.
En effet, on a une bonne balance entre le fait que cette situation peut être vécue par n'importe qui d'autre, et ne pas oublier qu'on suit des personnes homosexuelles, avec ce qui en découle.
Mais ce que je retiens le plus de ce roman graphique, c'est le talent de Rosemary Valero-O'Connell aux dessins.
Je suis tombée amoureuse de ses chara-designs rondouillards, de son découpage envoûtant, et de son utilisation du noir et blanc ponctué par du rose ici et là ; cette dernière couleur rappelle qu'on suit une histoire d'amour, mais elle sonne parfois presque comme aussi trompeuse que Laura.
Par contre, je ressors quand même déçu de cette lecture, car tout les autres personnages qui gravitent autour de Freddy et Laura m'ont laissé de marbre (à part peut-être une nouvelle amie que se fait l'héroïne).
Les intrigues secondaires en arrivent presque à parasiter le récit, et j'ai eu beaucoup de mal à les suivre et à les comprendre.
De plus, je suis frustrée par le fait qu'il y est des objets qui parlent à l'héroïne, et que cette dernière se confie à une chroniqueuse tout au long de l'intrigue. Car je trouve qu'au final ce sont des idées qui sont assez vaines, faisant juste acte de présence.