C’est toujours un plaisir de lire une bande dessinée avec un scénariste et un dessinateur car ce couple créatif fait que les mots de l’un alimente les dessins de l’autre. L’alchimie entre Frey et David est donc extraordinaire. L’histoire de Théo Apotheoz, au delà d’un patronyme qui ne tient pas ses promesses selon lui,demeure dans la croyance que rien ne fonctionne dans sa vie. Jusqu’au jour où il rencontre un écrivain de littérature de développement personnel… L’histoire s’emballe, le dessin s’anime en fonction des émotions des personnages et les destins des personnages quittent leur linéarité. Entre l’apparent bien-être de certains personnages ( comme Demony ou Pépin), la colère tenace de Camille où l’aquabonisme de l’ancien prof de français d’Apotheoz, toute cette galerie humaine regorge de façons bien différentes d’aborder la vie. En confrontant le sens de l’existence face à ses imprévus, les auteurs de Monsieur Apotheoz demandent au lecteur de s’interroger sur les choix et la façon dont on veut les assumer, les fuir ou les faire voler en éclats. Camille et Théo n’ont pas beaucoup de temps pour établir leurs priorités qu’ils finissent par embrasser. L’épilogue pourrait déplaire mais il est bien en phase avec ce désir d’allumer une flamme qu’on croyait vacillante.