Faust. Son nom résonne pour l'éternité peut-être, au moins pour longtemps, comme le signataire d'un contrat qu'il ne fallait pas signer. Le diable gagne toujours.
Dans un Japon secoué par les révoltes étudiantes, un professeur, génie scientifique, voit sa vie arriver à son terme, sans avoir pu percer les secrets de l'univers. Rien que ça. Une bonne raison pour se révolter contre la mort, donc, et voilà notre professeur plongé dans un vieux grimoire, traçant un pentacle et invoquant le diable.
Parallèlement, un intrigant, Sakane, cherche à dérober au professeur le fruit de ses travaux. Or Sakane,bien qu'il l'ignore lui-même, n'est autre que le professeur plus jeune, le fruit de son voeu exaucé de retrouver une seconde existence.
D'emblée, Neo Faust se pose comme une boucle. Osamu Tezuka se met en quelque sorte en scène lui-même, dans ce manga qui n'hésite pas à briser le quatrième mur. C'est lui, et ce n'est pas lui. Seulement, son pacte avec le diable n'a pas été couronné de succès, puisqu'il mourra sans achever ce volume, dont il reste malgré tout suffisamment pour entretenir l'intérêt du lecteur.
Le vieux professeur est l'image du savant étourdi, peu au fait des réalités de la vie, ayant dédié la sienne à la science, sourd au reste. Sakane en revanche cherche le succès et la gloire. Il veut que rien ne lui résiste, il veut croquer avidement dans la vie. Un peu comme le duo Dr Jekyll et Mr Hyde, en fait. Entre les deux personnages, Méphisto, un démon peut-être mineur, mais diablement séduisant, qui cherche d'ailleurs à s'assurer de Sakane par ses appâts féminins. N'hésitant pas à se transformer en chien démoniaque et à réduire ceux qui pourraient nuire à Sakane en cendres.
Le tout raconté avec beaucoup d'humour, et aussi le sens du tragique, sans lequel Faust ne serait pas Faust.
Une fable sur la connaissance et sur le désir. Et sur le rêve d'une inaccessible pureté, malgré tout.
Sur l'homme en somme.