Boichi se met au cyberpunk, nettement inspiré par un certain Blade Runner (voire même Terminator !)… Son héros est en effet un robot humanoïde qui respecte les lois d’Asimov, contrairement aux autres, des renégats très vindicatifs qui ont accédé aux émotions violentes…
Hélas, sans son créateur et sans le sou (la maintenance, ça coûte cher…) le voici qui va travailler pour la plus grande boîte de robotique du pays (et du monde) : c’est un peu comme si un réplicant, une gueule d’humain allait se faire embaucher par la Tyrell Corporation ! il doit bien entendu se faire discret et s’il est remarquablement intelligent, il a bien du mal face à la psychologie humaine, si tordue et imprévisible…
Des combats un peu inspirés d’un certain Gunnm, spectaculaires certes mais un brin… trop délirants, puis quelques révélations à la Ghost in the Shell (évidemment…) un brin… trop délirantes… et absconses (Shirow serait flatté) : Origin multiplie décidément les clins d’oeil et les questionnements dans une intrigue plutôt bateau.
Toutefois, Origin excelle dans le domaine de l’introspection de ce robot livré à lui-même qui cherche sa voie ; il brille également par son humour volontiers cynique et souvent terre-à-terre ; enfin, il se distingue par son dessin magnifique. Comment le résumer autrement d’ailleurs que par le nom de son auteur : Boichi ! en dehors du héros, les filles sont nombreuses et délicieusement croquées, on s’en doute, de la tête aux pieds.
Vers la fin (de ces 10 tomes), les évènements sont devenus sensiblement plus dramatiques… Des observations et un questionnement sur les émotions et l’avènement du moi, de l’ego chez l’intelligence artificielle s’avèrent tout à fait intéressantes mais cette fin, cette toute fin elle-même déconne à fond les ballons : c’est n’importe quoi…! (comme assez souvent chez Boichi qui a bien du mal à conclure ses mangas correctement).
Nous voilà conséquemment contraint de baisser la note d’un point à l’égard d’un manga qui demeure néanmoins bien agréable mais se perd complètement… à la fin (faire son 'Shirow' à ce point n’était pas -forcément- une bonne idée !).