Ras le Viol
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Ras le Viol

Roman graphique de Esther Meunier et Léa Castor (2025)

S'éduquer à la violence sexuelle : parlons-en pour mieux y faire face !

Instructif !


Bon, c'est limite indigeste, il faut bien le dire, on est bombardé d'informations, pour quelqu'un qui n'en a absolument aucune, c'est vraiment too much ! Peut-être le livre aurait-il été plus efficace si divisé en plusieurs livres, ce qui permettrait de développer davantage chaque point, surtout que certains sont vraiment hyper vite expédiés et que si on n'a pas un minimum de connaissance de base, on comprend pas. Tout simplement. La narration est un peu naze aussi, il faut bien le dire, les personnages qui papotent comme ça, c'est un peu lourd par moment, ça manque d'idées narratives. En même temps c'est un choix que je comprends, les auteures n'ont pas vraiment voulu s'encombrer d'une 'narration', maiiiiss... ça aurait pu être plus direct que ce jeu de dialogues entre deux personnages. Certes cela apporte un peu de légèreté, c'est l'avantage, mais c'est quand même un peu lourd.


Je ne pense pas que ce bouquin changera les choses à lui tout seul. Comme chaque bouquin sur le sujet. Parce que les convaincus qui achèteront la BD sont déjà convaincus (ils pourront affiner leur perception, trouver des outils, des aides) ; tandis que les gens fermés (car il en reste, hélas), resteront fermés. Restent les gens sur le point de changer et qui hier étaient ceux qui étaient fermés. Ben c'est l'accumulation de bouquins, films, articles sur le sujet qui ont eu raison de leur point de vue. Beaucoup de gens sont influencés par les médias, et c'est normal quand on répète quelque chose en boucle. Donc ce livre est plus que nécessaire parce qu'il fait partie de la répétition, de l'écho nécessaire au changement. Mais on a besoin de sortir d'autres bouquins de la sorte pour bien éduquer les gens. Et on espère qu'au bout d'un moment, ça marchera quasi tout le monde fera ce qu'il faut faire. Mais pour cela il ne faut pas que la force adverse se mette à sortir des bouquins, films, articles minimisant les faits, enfin ils le font déjà, mais il ne faut pas qu'ils passent à un niveau supérieur de production pour contrer celui de ce mouvement-ci.


Niveau dessin, c'est pas génial, c'est sûr. Y a mêmes des trucs incompréhensibles, y compris du texte parfois écrit en tout petit, du décor. Le côté simple et jeté fonctionne bien, et il y a quelques propositions visuelles intéressantes. Mais on tiquera surtout sur les quelques dessins foireux. La mise en page est variée, ludique, plaisante. Parfois c'est un peu maladroit, comme quand la dessinatrice joue avec le sens de lecture, mais au lieu de suivre le 'chemin' des personnages, on suit des bulles qui sont placées n'importe comment. La double page 154-155 par exemple est vilaine à lire du coup, parce que les phylactères ne suivent pas le chemin. La mise en couleurs est très chouette, dans le choix des couleurs du moins, on trouve de belles ambiances.


Petite critique sur les personnages. Ils sont tous beaux. Parfois même ils brillent on dirait, à cause de la technique de couleurs. Y a de la diversité en terme de couleurs, mais on a l'impression d'une majorité de jeunes et surtout de gens minces. Et puis la dessinatrice s'amuse avec les vêtements, mais on se croirait dans un truc de hipster.


Bref, c'est un bouquin important, c'est un bouquin important à lire je pense ; je cite des défauts parce que ça reste une œuvre d'art avec ses qualités et défauts artistiques. Mais le sujet est trop important pour passer à côté.

Fatpooper
7
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le 3 juin 2026

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