Ce troisième volet poursuit le travail brillant de la série en mêlant enquête, chaos urbain et satire super-héroïque, mais il le fait ici avec une densité narrative encore plus forte. Le commissariat du Precinct 10 se retrouve confronté à une affaire qui les renvoie littéralement aux origines de Néopolis : l’histoire enfouie de la ville, ses héros oubliés, ses traumatismes, et la manière dont ce passé continue d’imprégner chaque rue, chaque badge, chaque intervention.
L’enquête en elle-même fonctionne comme une plongée progressive dans les strates morales de Néopolis. Les agents — Toybox, Smax, Girl One et les autres — doivent naviguer entre dépositions absurdes, suspects à pouvoirs incontrôlables et bureaucratie surréaliste. Moore utilise cette structure policière pour dévoiler ce qui se cache derrière l’humour et l’excentricité de la série : une réflexion sur la responsabilité, la mémoire collective et la manière dont une ville façonnée par l’exceptionnel finit par devenir profondément humaine.
Graphiquement, Gene Ha reste d’une générosité folle. Chaque case déborde de détails, de micro-histoires visuelles, de clins d’œil, sans jamais étouffer l’action. La fluidité de la mise en scène, alliée à l’inventivité typique du trio Moore/Ha/Cannon, donne un tome à la fois foisonnant et limpide, où le lecteur progresse avec la sensation délicieuse que tout est vivant, mouvant, pensé.
Résumé
Un épisode dense, drôle et profondément attachant, où l’enquête devient une porte ouverte sur l’histoire intime de Néopolis.
🔍 Un retour aux origines qui enrichit encore l’univers brillant de Top 10.