Un monde post-apocalyptique vu à travers les yeux de souris.
Contrairement aux récits où les humains se battent entre eux pour survivre, ici, la terreur vient des prédateurs qui rôdent.
Les humains ont disparu sans que l'on sache pourquoi. Ont-ils commis une ultime erreur qui les a menés à leur extinction ? Probablement. Mais ce qui surprend vraiment, c'est la vision de l'auteur sur l'après-Homme. En temps normal, les animaux sont habitués à un environnement de prédation et de lutte constante (la loi de la jungle). On pourrait imaginer qu'affranchis de toute domination humaine, ils soient plus « heureux ». Mais pour certaines espèces, notamment celles vivant à proximité des humains ou ayant profité de leurs facilités d'accès aux ressources, la disparition de l'Homme représente une véritable perte. Les souris, par exemple, se retrouvent vulnérables sans les humains. Elles s'appuyaient sur eux pour leur nourriture et bénéficiaient même, de manière inattendue, d'une protection contre certains prédateurs. Ce qui aurait dû être un retour à la nature sauvage devient en fait une lutte encore plus intense pour survivre.
Scurry soulève ainsi une réflexion profonde : tout comme les humains, de nombreuses espèces animales se sont ajustées à notre monde moderne, au point d'en être affectées. En nous éloignant de notre état de nature, de notre état sauvage, nous avons également entraîné certains animaux dans cette dépendance, altérant peut-être à jamais leurs instincts primitifs de survie.
Par ailleurs, étant un récit destiné à la jeunesse, il est fréquent d'utiliser des animaux pour transmettre des messages aux enfants. Peut-être est-ce une métaphore de notre propre condition : nous nous sommes tellement éloignés de nos instincts de survie, devenus tributaires du système agroalimentaire. Serions-nous capables de subvenir à nos besoins si ce système venait à s'effondrer demain ?