Attiré par la couverture, avide de nouvelles réécritures de contes médiévaux, et entendant la pluie tapoter sur mon volet, je pense avoir été dans le bon mood pour découvrir cette bande dessinée qui reprend une légende du folklore breton que je ne connaissais pas.
Derrière ses allures de conte fantastique, Sœurs d’Ys est aussi un drame familial. Dès les premières pages, on sent la fracture qui s’installe entre Rozenn et Dahut après la mort de leur mère. Tandis que l’une tente de reprendre son rôle et de satisfaire les exigences de son père, l’autre se tourne vers la nature et cherche à s’éloigner des intrigues du palais d’Ys. Et j'ai beaucoup aimé la manière dont la relation entre les deux sœurs est traitée. On pourrait croire au départ à une opposition assez classique (devoir vs liberté), mais le récit apporte de jolies nuances. Le roi joue un rôle d'antagoniste, dérangeant, avide de pouvoir, et toute cette dynamique familiale m'a rendu triste et plein de réflexion.
Et visuellement, c’est magnifique. Le style graphique, très texturé, avec ses traits proches du crayonné et ses effets de crayons de couleur, apporte beaucoup de personnalité aux planches. Les palettes de couleurs, dominées par les bleus, les verts, les tons terreux et quelques touches orangées, aident à façonner une atmosphère mi-mystique, mi-mélancolique tout au long de l’œuvre. J'adore !
Vivement de nouvelles vacances en Bretagne.