Ce premier volume pose les fondations de l’univers de Tom Strong avec une clarté et une générosité qui rappellent immédiatement l’ambition du projet : revisiter tout un pan de la culture pulp et des comics d’aventure, sans cynisme, mais avec une érudition et un sens du jeu profondément mooriens. On y découvre les origines du personnage — cette enfance façonnée par des parents scientistes obsédés par la discipline physique et intellectuelle — et la manière dont Tom devient un héros “modèle”, à la fois ancré dans une tradition rétro et réinventé pour un lectorat moderne.
Chaque chapitre fonctionne comme une porte d’entrée différente : un récit d’origine, une aventure familiale, une confrontation avec des ennemis hauts en couleur, ou encore des escapades à travers des dimensions alternatives. Moore multiplie les tonalités, les codes narratifs et les clins d’œil, construisant une mosaïque volontairement hétérogène. C’est à la fois la grande force et la limite du tome : la variété impressionne, mais laisse parfois une impression de survol, d’anthologie brillante plutôt que de récit totalement habité émotionnellement.
Le travail de Chris Sprouse, lui, est un modèle de lisibilité et d’élégance. Son trait rond, lumineux, presque “classique” dans le meilleur sens du terme, donne à l’ensemble une cohérence visuelle qui stabilise ces variations stylistiques. Le design rétro-futuriste, les décors impeccablement architecturés et l’énergie des scènes d’action contribuent à installer Tom Strong comme un héros bigger-than-life, sans jamais sombrer dans la parodie.
Résumé
Un premier tome solide, inventif, profondément respectueux de l’histoire du comics d’aventure.
🧭 Une entrée en matière brillante, attachante, mais qui mise davantage sur le charme pulp que sur un véritable impact émotionnel.