Une femme sous influence - Le Déclic, tome 1 par Alligator

Quel incroyable choc fut pour moi la découverte de cet album quand j’étais adolescent! Imaginez l’impression si marquante que peut constituer cette histoire pour l’ado bourgeonnant et turgescent que j’étais.


Quelques cases sont mêmes carrément pornographiques, mais c’est surtout la spectaculaire charge sexuelle de ce dessin merveilleux qui fait encore aujourd’hui mon admiration. Les femmes que dessine Manara dépassent l’extraordinaire. Elles font songer à la grâce et la beauté naturelle et fraîche des créatures de Botticelli, mais ont ce grain de sophistication qui les place avec fulgurance dans la modernité la plus évidente, avec un éclat et une force exceptionnelle.


D’une certain façon, on pourrait dire qu’elles dépassent le sens commun, la réalité, sont trop belles, touchant au divin, à une perfection que je n’ai connue chez pratiquement aucun autre auteur. Ce trait fait tout le sel de son oeuvre. Le style Manara est hors-catégorie, inatteignable.


Bien qu’il ne se résume pas, loin de là, à cette série, Manara et son déclic sont révolutionnaires dans le champ étroit de la bédé érotique. Malheureusement, les tomes suivants iront de mal en pis, ne parvenant jamais à retrouver l’équilibre et l’assise narrative de ce premier épisode.


Ici,l’idée de base est très simple et l’auteur en joue de façon à la fois ludique et perverse. On pourrait presque dire que cette bédé verse vers la comédie. Le contraste entre la prude et honteuse Mme Cristiani et l’insatiable Claudia rendant fou de rage ceux qui ne la désirent pas a quelques effets comiques indéniables qui attachent le lecteur au récit d’une autre manière. Mais il est vrai qu’on en revient toujours à ce dessin jouant sur l’ultra réalisme et l’outrance, voire la “presque” caricature. Les traits des personnages déformés par l’horreur ou par le désir ont quelque chose d’éclatant, de burlesque, surtout au final de très attirant, voire attachant. Et l’on se laisse aller à goûter goulûment de ce dessin généreux, si précis et si remarquable de détails piquants.


L’hommage à Fellini (lors de la séquence au ciné) est plus qu’évocateur, il place l’exagération ou l’audace du récit vers des sommets de magnificence esthétique. J’adore ce premier tome, exubérant, excitant, drôle et d’une certain redoutable efficacité : un classique indémodable!
captures

Alligator
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le 20 juin 2017

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Alligator

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