8
39 critiques
Hélène
Elle dégage quelque chose dès son apparition. Elle est sur son portable, mal coiffée, mal habillée. Elle a une telle façon d'ignorer les gens autour d'elle qu'elle en devient fascinante. Comme un...
le 10 avr. 2017
Bastien, l’auteur de cette bande dessinée, est un génie indéniable du trait et de la bande dessinée, plus particulièrement de la bande dessinée numérique et des tablettes graphiques. Ce qu’il déploie sur ces quelques centaines de pages est définitivement puissant et, en un sens, révolutionnaire — c’est incontestable.
On pourrait aisément se laisser porter par cette histoire, se plonger dans la fascination de l’adolescence et apprécier les premiers amours d’un été. Cependant, très vite, Bastien bascule dans une autre logique, dans une forme de fantasme qui prend le dessus, et nous quittons alors progressivement le point de vue d’un adolescent pour aller vers celui d’un jeune adulte d’une trentaine d’années qui fantasme sa propre adolescence.
Non, ce n’est pas le point de vue d’un adolescent que nous lisons et que nous voyons dans cette bande dessinée : c’est bien celui de Bastien Vives. Il me paraît évident, au fil de la lecture, que le récit ne cherche pas tant à restituer une expérience adolescente qu’à projeter un regard adulte sur celle-ci. Il donne le sentiment d’un auteur qui met en scène, à travers ses personnages, une mémoire fantasmée.
Il me paraît évident que cet homme ne connaît pas des femmes, ou du moins qu’il les traverse avant tout à travers un prisme de projection. Il les objectivise. Les fantasmes de Bastien sont visibles, presque insistants. Rien qu’aux détails qu’il met dans le corps de son personnage féminin est frappant. Tout montre et laisse penser que Bastien Vives, effectivement, laisse ses fantasmes se déployer dans la BD.
Pourquoi se sent-il obligé de faire dix planches pour représenter les premiers ébats adolescents ? Pourquoi se délecte-t-il de représenter de manière très précise le corps d’une adolescente (aux détriment de tout le reste) alors que l’on ne sait absolument rien d’elle ? On ne sait rien de ces personnages, rien de leur intériorité. Cela ne semble pas l’intéresser. Ce qui l’intéresse, ce sont les corps — les corps adolescents, ses propres fantasmes, l’excitation, l’interdit, les interdits.
Non, les premiers ébats amoureux de l’adolescence ne sont pas des fellations faites au bord d’un chemin en plein été. Non, les premiers amours ne sont pas un jeu que l’on met en scène pour exciter un lecteur.
Dans cette perspective, la bande dessinée peut être lue comme déployant des codes ambigus, qui sexualise l'adolescence avec un regard adulte et immature, et qui peuvent être perçus comme relevant d’une forme d’objectivisation des corps féminins, et d’une confusion entre mémoire intime, fantasme et représentation.
Et quand on sort de cette BD, on ne peut que se dire, cette BD est définitivement faite pour des hommes hétérosexuels, adultes. Ce n’est pas une BD pour les femmes, ce n’est pas une BD pour les adolescentes, ce n’est pas une BD pour les adolescents. Et ce n’est encore moins une BD pour des enfants qui pourraient découvrir ce qu’est l’adolescence.
Créée
le 27 avr. 2026
Critique lue 10 fois
8
39 critiques
Elle dégage quelque chose dès son apparition. Elle est sur son portable, mal coiffée, mal habillée. Elle a une telle façon d'ignorer les gens autour d'elle qu'elle en devient fascinante. Comme un...
le 10 avr. 2017
4
5 critiques
Alors oui, le dessin est vraiment très beau, d'une technique impeccable. mais évidemment, c'est encore une histoire avec une jeune fille sublime à la poitrine proéminente. Evidemment, elle est...
le 9 juil. 2017
9
76 critiques
" J' pense à Elisabeth Martin Pas ma mère, pas mon frère, pas ma maîtresse d'école Celle qui a plongé un matin Sa bouche et sa langue dans ma bouche à l'automne " Elisabeth Martin par Tom...
le 28 juin 2017
7
65 critiques
Grosso Merdo, le monde est victime d'un virus qui transforme les gens en zombie à vitesse grand V. C'est alors que Gerry Lane, un gars de l'ONU, va aider ces collègues, et tenter de résoudre le...
le 25 févr. 2014
9
65 critiques
On est plutôt habitués ces derniers temps à de la sciences-fiction très élogieuse des effets spéciaux et de la consommation massive de fonds aussi bleutés que verdoyants. Il est évident que le petit...
le 10 juil. 2014
1
65 critiques
Un tel élan de médiocrité mérite, à défaut d’être apprécié, d’être noté. Il y a dans cette série les ingrédients nécessaires à la simplicité glaçante d’un programme réservé aux êtres décérébrés en...
le 4 juil. 2019
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème