Une adaptation du gros roman de Roger J. Ellory où défilent 50 ans de l'histoire de la mafia US de Miami à New-York en passant par Chicago et Las Vegas. Avec un final digne de celui de Usual Suspects, avis aux fans de Keyser Söze !
Tout le monde connait le britannique R.J. Ellory et ses romans très "américains".
Vendetta n'est peut-être pas son meilleur bouquin, ni le plus connu.
C'est l'écrivain Fabrice Colin qui a en préparé l'adaptation pour le scénario de cette BD.
Un travail qu'il avait déjà réalisé pour un autre roman de Ellory : Seul le silence.
Et c'est le catalan Bartolomé Seguí qui tient les crayons.
En Louisiane, la fille du gouverneur et sénateur Ducane a été enlevée. Pas de rançon.
« Je pense à un cas de vengeance personnelle. Je veux dire, on ne devient pas gouverneur en restant éternellement le cul vissé à son fauteuil. De toute évidence, Ducane a fait chier quelqu'un à un moment, salement ! Et maintenant, il faut qu'il paie. Je ne dirai rien de plus. »
Juste un coup de fil d'Ernesto Perez, inconnu de toutes les bases de données du FBI : Perez veut parler. Raconter son histoire.
À la fin de sa longue confession, Perez promet de révéler où il a séquestrée la fille du gouverneur.
Nous voici donc embarqués dans le monologue de cet étrange Perez face aux agents du FBI.
Ce que raconte Perez, la vie d'Ernesto Perez, n'est rien moins que l'histoire de la Mafia : de Cuba et Miami jusqu'à Las Vegas et ses "familles" puis New-York et ses "familles", Chicago enfin, des Kennedy à Jimmy Hoffa ou Nixon, c'est cinquante ans de l'histoire mafieuse de l'Amérique qui défilent au long des planches.
Le gros bouquin d'Ellory semblait pourtant impossible à traduire en BD. Mais après Seul le silence, Fabrice Colin n'en est pas à son coup d'essai et réussit malgré tout à tirer son épingle du jeu.
L'album laisse un peu de côté toute la partie "enquête" du FBI pour retrouver la fille du sénateur, qui occupait une bonne partie du bouquin : on se rappelle notre impatience lors de la lecture, pressés que nous étions de retrouver la longue confession d'Ernesto Perez. Astucieusement, la BD lui laisse toute la place.
Mais c'est un texte pas facile, c'est quand même du Ellory et c'est un album qui mérite bien ses deux lectures pour savourer pleinement l'histoire, ce qu'elle cache et ce qu'elle sous-entend.
Et puis, cerise sur le gâteau, il y a ce final digne de celui de Usual suspects où Ernesto Perez réussit à berner tout son petit monde, FBI et lecteur compris.
Le dessin du catalan est assez sage, réaliste, avec des personnages aux traits marqués souvent anguleux qui conviennent bien à ces têtes de mafieux et une palette de couleurs froides assez restreinte qui donne aux planches une petite ambiance vintage.