Watchmen
8.5
Watchmen

Comics de Alan Moore et Dave Gibbons (1986)

le comedien est mort ... and so what?

Nihiliste, fasciste, amorale voir même irresponsable. Pour certains Watchmen est tout cela, et même plus encore. Que l'on le considère comme un roman graphique qui ne peut plaire qu'à une bande de nerd sans cerveaux, ou comme LE comics dans toute sa splendeur, en tout cas, Watchmen ne laisse personne indifférents. Moore ici est dans son univers, remplis de héros à contre emploi ou à la retraite, des vieux de la vielle qui rempile pour une dernière lutte un dernier combat, dans un monde qui ne veut plus d'eux.
Critique pur et dur de la guerre froide, Moore crée un univers parallèle où les (super) héros existe, se ballade en ville en costume de chouette ou combinaison en latex ultra moulante, et cherche à faire de ce monde un endroit meilleur, tout en sachant que ce ne sera jamais qu'un rêves, une cause perdue.
Mais comme dans V pour Vendetta, ce ne n'est pas l'abnégation de ces héros du quotidien qui choc mais leurs méthodes , souvent expéditive (à la façon de Rorchard, sans doute un des personnage majeurs de l'histoire des comics),mais toujours réfléchies. Elles mettent en lumière les limites et les dangers du culte du Vigilant, figure de proue de l'époque Reaganniene. Culte dont Moore s'approprie les codes pour mieux les cassés et finalement montrés que le Héros est un homme avant tout.
situé dans la fin des années 80, le récit nous délivre les histoires et les états d'âme de ces Héros dont plus personne ne veut et qui représente une menace aux yeux des autorités.
Ils deviennent au fil du récit les boucs émissaires d'une époque où les tensions USA/URSS sont au plus mal. Le récit est ainsi parsemé d'allusion à cette menace nucléaire invisible, qui inquiète tout le monde mais ne semble pas avoir de solution.
Un récit machiavélique et jusqu'au boutisme, un style graphique très propre et identifiable, une colorisation qui se permet tous les excès ( un homme bleu schtroumph tout nu qui philosophe ... mouais, pourquoi pas.); en somme une œuvre indispensable.
thibautperney
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le 25 juin 2012

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