Ayant encouragé dans les années 1990 Les Animaux du Bois de Quat’sous à aller au bout de leur aventure et, plus tard, tremblé devant les péripéties des Légendes de la garde, j’avais une grande envie de voir les lapins de Watership Down en action. Je n’ai pas lu le roman d’origine.
Le récit passe vite. On a l’impression d’une vraie course sans réel temps mort pour manger, se reposer… il faut dire que la vie de lapin étant plus courte que celle d’un humain en moyenne ils vivent tout plus vite, plus fort aussi sans doute. Et puis ici l’intrigue même invite à ce rythme : des lapins qui cherchent un nouveau chez eux, une nouvelle garenne, ils n’ont pas de temps à perdre vu les menaces qui planent sur eux.
On suivra donc l’évolution d’un petit groupe, des rencontres faites, des conflits rencontrés, de la part de raison et de fantastique qui se glissent dans toute aventure. On ne cherchera pas à suivre le lapin blanc mais on craindra le lapin noir. On se méfiera aussi de certaines garennes, il faudra penser nourriture et reproduction, grandir et s’endurcir.
Pas de Ferme des animaux version lapin mais un récit visiblement à plusieurs niveaux de lecture, que l’on pourrait lire à des petits mais que les grands peuvent aussi apprécier et interroger. La bande dessinée est en couleurs et c’est très chouette.
Pour suivre les aventures des lapins on peut s’appuyer sur une page volante qui d’un côté nous offre un plan avec des points indiquant les différents endroits du récit et de l’autre un petit vocabulaire du parler lapin. Car les lapins ont un vocabulaire bien à eux que l’on peut en partie déchiffrer soi-même (mais ils ne savent pas compter au-delà de 4).
S’il y a un regret c’est le fait que la bande dessinée ne contienne pas de préface ou de postface pour nous situer un peu la bande dessinée par rapport à l’œuvre d’origine, comment le projet est né… Certes on peut trouver cela sur le net à notre époque mais je suis moins fan en ce moment de ce « do it yourself ».