Un autre manga en trois gros tomes de Chang Sheng, l’illustre dessinateur ô combien talentueux ! et c’est comme de coutume très agréable à suivre et parcourir, toutes ces belles cases, que ce soit l’environnement très bien fait ou bien les personnages très bien croqués eux aussi.
Les détails, les expressions sont très bien rendues également et le découpage de l’action est nettement plus clair que dans son Baby (en trois tomes aussi). On retrouve son thème de prédilection, à savoir la science-fiction plus ou moins agitée, très prompte à sortir des lapins et des rebondissements de son chapeau magique… et de la façon la plus improbable qui soit.
En même temps, l’auteur taïwanais n’est certes pas avare de clichés que l’on reconnaît rapidement au fil de ses inspirations occidentales. Néanmoins, ici, il tient aussi à une ambiance plus locale avec son héroïne clairement asiatique et actrice (de kung fu) à l’Opéra de Pékin en compagnie de sa mère…
Ce qui constitue le point de départ d’une vengeance qui s’étale sur 30 ans (!)… ou plutôt fait un bond de 30 ans… mais dont l’intrigue au début intrigante part en vrille par la suite, indéniablement…
On ne s’ennuie pas, non, non… mais à chaque fois que l’on se fait cette remarque, cela signifie qu’il y a un problème, non pas d’ennui certes, mais de récit, d’intrigue, de cohérence, de vraisemblance… et ainsi de suite. C’est donc un récit échevelé, dispersé, pour ne pas dire décidément foutraque que nous livre l’auteur, et pour tout dire, nous ne sommes pas convaincu, non, non.
Certes, ce n’est pas la fin du monde, ni un paradoxe spatio-temporel d’un retour vers le futur parallèle d’une IA rebelle, ce n’est qu’une… simple déception assez globale, hélas !…