Et c’est ainsi que 2026 commence par un avis… négatif. Kad et Olivier nous ont appris que le montage est important dans un film ; Yomotsuhegui nous rappelle qu’une intrigue se doit de tenir sur la distance car elle ne pourra pas être sauvée par le talent graphique de son auteur, aussi fort soit-il.


Manga en 3 volumes au Japon, proposé en un seul en France (déjà un mauvais signe ?), Yomotsuhegui interpelle d’abord car on se demande si Kakizaki ne serait pas un bon client pour adapter les œuvres de Lovecraft - tremble Gou Tanabe ! Le mangaka offre en effet une nouvelle démonstration de son coup de crayon, avec des clients d’œil appuyés parfois envers ses séries précédentes (Hideout…). Mais si l’œil est ravi par ce qu’il voit il l’est moins par ce qu’il lit. Non pas parce que la traduction/adaptation laisserait à désirer. Le problème se situe dans un récit qui semble dans un premier temps s’allonger en se répétant pour ensuite accélérer rapidement pour avoir une conclusion.


Le problème de ce « stop and go » c’est qu’on s’attache peu aux personnages, que le côté horrifique laisse place à du Happy ending pas terrible et que les running gags finissent par lasser : ok on a compris que c’est le héros qui paie la bouffe et que ses deux partenaires se disputent toujours tel ou tel morceau disponible. Voir répéter cela à de multiples reprises finit par faire remplissage pour meubler les planches en attendant le prochain affrontement.


Le manga se perd alors à la recherche d’un fil rouge qu’il maintient en faisant varier le récit des origines (comment tout a commencé) à trois reprises et balance des révélations que certains personnages n’ont pas pu trouver en 4000 ans (!) mais qui tombent maintenant parce que… le héros n’est pas comme les autres. Je préfère nettement les immortels cintrés de Fire Punch.


Certes, on pourra se consoler en trouvant un nouveau Kyubey à détester mais il n’empêche que, parti sur un sentier sombre, Yomotsuhegui semble ne pas assumer ce choix pour revenir sur des chemins plus confortables et donc ne pas s’embarrasser de questions morales trop gênantes. On a le droit me semble-t-il d’en attendre plus et d’espérer d’autres ressorts narratifs que ceux aperçus ici. En somme oui le scénario est important dans un manga.

Anvil
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le 17 janv. 2026

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Anvil

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