Quand on a révolutionné le genre avec Skyfall, avec une construction dramatique élaborée, des personnages exploités à 100% et un Bond tiraillé comme on ne l'avait jamais vu, il va de soit qu'il allait être difficile de remettre la barre aussi haut avec l'épisode suivant. Et comme le dirait Dewey dans Malcolm c'est en ne m'attendant à rien que je suis allé voir ce film, et pourtant j'ai tout de même été déçu.
Pourtant, toutes les conditions étaient réunies pour faire de ce Spectre une suite parfaite à Skyfall, surtout quand on a Christoph Waltz en méchant! J'ai trouvé sympa l'idée de relier le 3 premiers films de Craig à ce méchant d'ailleurs, malheureusement on sent que ce n'était pas prévu dès le début ce qui "tord" certains personnages des films précédents pour les faire entrer dans le concept. Si on passe sur les quelques incohérences scénaristiques et les passages bien longs qui auraient pu être tout simplement coupé au montage, ce n'est pas tant le fond du film qui me dérange mais bien la forme.
Comment peut on passer d'une ambiance "dark" et douteuse à la Skyfall, à une ambiance aussi légère dans Spectre? C'est comme si Sam Mendes s'était amusé à casser tout ce qu'il s'était donné du mal à construire. Le magnifique plan séquence du début m'a pourtant donné beaucoup d'espoir et puis petit à petit le film s'est essoufflé jusqu'à devenir un Bond des plus communs sans réel saveur.
Ce James Bond est si proche et si loin de la vérité qu'il en devient frustrant. J'aurai voulu t'aimer plus que ça, j'aurai voulu que tu me mettes des étoiles dans les yeux comme Skyfall, j'aurai voulu sortir de la salle en me disant "waouh quel putain de film", au lieu de ça je suis sorti en me disant "ouai c'était pas mal". Bref, la saga Bond joue à l’ascenseur émotionnel avec moi en m'apportant tantôt bonheur, tantôt déception, ce n'est pas le pire Bond que j'ai vu et il est tout à fait correct mais bon sang que la chute est difficile une fois que l'on a atteint le sommet.