Isabelle,épouse au foyer et mère de quatre enfants,est lasse d'être la bonniche de toute la famille.Quand son mari lui rétorque qu'elle a la belle vie pendant que lui se tue au travail,elle décide de partir en vacances à Mykonos en le laissant s'occuper seul de la maison et de la marmaille,ce qui va bien sûr s'avérer sportif et pédagogique pour le sale macho du patriarcat blanc sexiste.Voilà une histoire qu'elle est pas neuve,on pense entre autre à "De l'autre côté du lit",d'ailleurs c'est le remake d'un film argentin intitulé "Mama se fue de viaje",qu'on pourrait traduire par "Maman est partie en voyage".C'est Ludovic Bernard qui s'y colle en tant que réalisateur et coscénariste,et c'est produit par Dominique Farrugia,ce qui est rarement gage de qualité.De fait,voici une énième comédie française ratée.On sourit de temps en temps et les acteurs sont bons,mais l'exagération qui prévaut continuellement et le festival de gros gros gags à la godille flinguent toute tentative d'humour.Tout est tellement outrancier qu'on ne croit jamais ni aux personnages ni aux situations.La mère est trop gentille et patiente,le mari trop désinvolte et obsédé par son boulot,les gamins trop braillards et considérant trop leur mère comme une esclave,la rivalité entre Antoine et son collègue Di Caprio trop puérile,l'emploi du temps de la maman trop chargé,bref rien n'est crédible et ça ne fonctionne pas du tout.Ca part sur du militantisme féministe,la fameuse "charge mentale du foyer",l'expression en vogue chez les néo-débiles,dont souffre cette pauvre Isa.Effectivement,vu la façon subtile dont c'est montré dans le film avec tout le clan qui se repose sur elle en permanence,on pourrait la plaindre.Mais le problème est justement que cette description de la vie familiale est si ostensiblement excessive qu'on finit plutôt par se dire qu'en réalité sa vie n'est pas si dure,que personne ne l'a obligée à abandonner sa carrière d'avocate pour faire quatre gosses et que son mari se casse bien le cul pour faire vivre confortablement tout ce petit monde.Ce qui nous amène au deuxième étage de la fusée car,une fois l'épouse partie,le gars continue à se faire pourrir,cette fois par ses mômes qui lui reprochent de ne jamais s'être vraiment occupé d'eux.Là,ça ressemble à "Pourris gâtés",qui sortira l'année suivante avec cette même idée du père irresponsable négligeant sa progéniture au profit de sa carrière professionnelle.Et là encore ça énerve,cette bande de foutus marmots qui viennent geindre la gueule pleine.On a maman à la maison qui gère toute l'intendance,papa qui gagne de quoi les entretenir en bossant dur,on habite une belle maison sur la Côte d'Azur,on a des activités extra-scolaires,alors ça va,c'est bon,il y a pire que les pseudos problèmes de ces connards de petits bourges gavés.Pourtant papounet,prenant progressivement conscience de ses manquements,va tout tenter pour se faire pardonner,au point d'être finalement viré de son boulot.Joli résultat,qui va payer les factures maintenant?Ah mais attention,les gars ont pensé à tout,enfin c'était très prévisible en réalité.Figurez-vous qu'une suite est sortie trois ans après,encore plus féministe vu qu'Isa va reprendre son job d'avocate et ainsi subvenir aux besoins de la famille pendant que Tonio,inversion des rôles,fera l'homme au foyer.Elle est pas bella la vida?Franck Dubosc se démène vaillamment pour animer cet enchaînement laborieux de plaisanteries périmées sous-tendues de moralisme à la gomme,alors qu'Aure Atika apparait fort peu puisque pendant la plus grosse partie du film elle est partie se faire voir chez les Grecs.Dommage,car elle est toujours aussi belle et juste.Les enfants sont bien,surtout Violette Guillon,adolescente pleine d'aplomb.Alexis Michalik fait un grand numéro en jeune cadre beau gosse aux dents longues,manipulateur et prétentieux,qui se fait passer pour le cousin de Leonardo DiCaprio.Alice David est charmante en nounou parfaite,mais son personnage de fille écervelée qui ne sait même pas quelles études elle suit n'a aucun sens.Dans des petits rôles on voit Helena Noguerra en soeur chaudasse,Laurent Bateau en syndicaliste emmerdant et Karina Marimon en secrétaire dévouée.Notes et critiques de films de Ludovic Bernard publiées précédemment:"Mission Pays Basque"-1,"L'ascension"-6.Moyenne:3.