Un 13 m² qui démarre dans les 3000€, c'est pas cher
Tiens, un autre film de banlieue. Encore. Ici c'est un casse, pour pas changer. Avec Scarface (version De Palma bien entendu) comme inspirations, déjà vu. Oui mais y a léger changement là c'est que Grossmann réalise un premier film avec peu de moyens, un scénario pas extraordinaire (plutôt pas terrible en fait) mais qui tient la route.
Il y a des idées techniques intéressantes et puis aussi une petite critique sur la société de consommation qui n'est pas grosse comme un poing sur la figure mais assez légère.
Il y a Thierry Lhermitte aussi qui représente la morale ainsi que Bérénice Bejo (The Artist) qui elle est toujours aussi mignonne.
Et de bonnes idées comme le traitement des personnages, le faux huis-clos. Mais tout ça se masque vite face aux gros défauts dont des éléments clichés : "ah merde alors y a un copain du casse qui est accro à la drogue, oh c'est rigolo un fusil, zut ma nana elle me manque alors je vais lui téléphoner et la police saura où on est, c'est bonbon je dois de l'argent à quelqu'un et il est prêt à tout pour le récupérer". Et surtout un problème de rythme, y a de bons moments juste sacrément chiants.
Néanmoins autant ne pas détruire ce premier film qui souffre surement plus du fait d'être un premier et un budget cheap. Ne pas voir le casse par exemple c'est excellent, quand on a pas l'argent alors autant trouver une autre solution. J'ai l'espoir que Grossmann réussira bien son prochain film dont je sais déjà pour avoir parler avec un de ses producteurs qu'il réutilisera de nouveau la thématique du "A quoi bon vouloir toujours plus alors qu'on a tout ce dont on a besoin à portée de main ?" certes trop moraliste à mon gout mais pas pour autant inefficace. Pour y parvenir j'espère surtout qu'il n'en ferra pas trop et qu'un gros budget ne lui retirera pas son sens du système D artistique à la façon d'un John Carpenter.
Je ne le compare pas à John Carpenter, comme je ne le compare pas non plus à John Huston, faut pas déconner. C'est tout de même ce dont se permet le journal Le Monde.
J'ai failli être stagiaire pour le prochain film de Grossmann, j'ai dit oui avant d'avoir vu le film. Pour un "manque de place" dans la boite de prod ça ne s'est pas fait. Au final, j'en suis pas forcément mécontent et ça m'aura évité de devoir dire mon avis...