Vers la fin du 15ème siècle Christophe Colomb,marin génois vivant en Espagne,essaie sans succès de faire financer l'expédition en direction des Indes qu'il veut accomplir par la route de l'Ouest car il croit,n'importe quoi,que la Terre est ronde.Mais le type est obstiné et après avoir obtenu le soutien de l'armateur Pinzon et du banquier Santangel,il finit par convaincre la reine Isabelle la Catholique du bien-fondé de son projet.Le voilà donc parti à la tête d'une flottille de trois navires,la Nina,la Pinta et la Santa Maria.Mais ce qu'il ignorait,car il n'y avait pas de GPS à cette époque,c'est qu'entre l'Europe et les Indes,si on passait par l'ouest, il y avait les Amériques.C'est ainsi qu'il abordera en 1492 sur les rivages d'une île des Bahamas qu'il baptisera San Salvador,avant de découvrir plus tard Hispaniola,île caribéenne devenue depuis Haïti et la République Dominicaine.500 ans après,la documentariste et journaliste Roselyne Bosch écrira un scénario relatant cette aventure qu'elle parviendra à vendre à un Ridley Scott ravi de fêter l'anniversaire de cet évènement.Produisant le film avec Bosch et Alain Goldman,le Britannique réalisera ce blockbuster historique prometteur qui ne laissera au final qu'une impression mitigée.Evidemment c'est très beau,la reconstitution historique très léchée fait revivre une Espagne médiévale oscillant entre faste et misère,entre progrès et obscurantisme,l'argent étant déjà l'élément déterminant de la société.D'intérieurs lugubres en places grouillantes,on ressent l'équilibre précaire d'un pays en proie à divers tourments,entre victoire sur les Sarrasins et ambition d'explorer le Monde afin de s'agrandir et de contrôler les richesses des contrées exotiques.Les décors sont somptueux,les costumes chatoyants,la musique de style religieux signée Vangelis à la fois exaltante et angoissante et la photo riche en clairs-obscurs fascinante.Les décors exotiques trouvés principalement au Costa Rica parachèvent brillamment cette espèce de manifeste esthétique qui voit Scott travailler chaque plan de manière picturale,les images en mer étant notamment d'un graphisme magnifique avec les caravelles cinglant au soleil couchant.Mais au-delà de cet écrin flattant la rétine,on doit se taper un récit confus et laborieux qui a tendance à s'étaler en longueur beaucoup plus qu'il n'est nécessaire.Comme toujours quand les superproductions s'attaquent à l'Histoire,on a affaire à un mélange hasardeux d'évènements bien réels et d'inventions fantaisistes qui n'aide pas à adhérer au film.Trop de développements mal définis,trop de personnages incertains,trop d'emphase stupide et pas assez de maîtrise du récit conduisent l'oeuvre vers le cimetière des promesses non tenues.Quant à Colomb,le moins qu'on puisse en dire est qu'il n'apparait pas à son avantage,sans qu'on sache bien si c'est ou non une volonté des auteurs.Objectivement,le mec a juste l'air d'un gros gros con qui a eu de la chance.Le gars est une sorte de marin de pacotille qui prend ses désirs pour des réalités et a eu un bol invraisemblable en tombant sur les Bahamas,parce que s'il n'y avait rien eu entre l'Europe et l'Asie,il serait mort bien avant d'atteindre son but,et ses matelots avec.Il n'a bien sûr pas découvert l'Amérique,son concurrent Amerigo Vespucci le fera plus tard,et il n'a réussi qu'à zoner dans les Caraïbes en y apportant le malheur et la désolation.Les populations indigènes qui vivaient là bien tranquilles se sont trouvées décimées par les maladies importées par les colons et les massacres qu'ils ont perpétrés,les survivants étant réduits en esclavage.Et Cristobal,ambitieux aux visées népotiques,devint un désatreux gouverneur de ces terres lointaines en compagnie de ses frères,tout en abandonnant pendant des années sa femme et ses enfants restés au pays.Il finira heureusement par tomber en disgrâce,même cette imbécile d'Isabela se rendant compte que la plaisanterie avait assez duré.Le film reste bancal jusqu'au bout en montrant tout ça tout en essayant désespérément de faire passer ce douteux héros pour un rêveur humaniste.Si on va par là,on finirait par trouver qu'Hitler ou Staline étaient finalement bien sympathiques.Gérard Depardieu est un vrai boulet dans ce rôle pas fait pour lui,son accent traînant de racaille castelroussine jurant méchamment dans le paysage.La distribution cosmopolite huppée qui l'entoure est plus ou moins inspirée.Sigourney Weaver,qui fut bien mieux utilisée par Scott dans "Alien",a l'air d'une vraie cruche en reine d'Espagne séduite par l'insolence et l'enthousiasme de Colomb,alors qu'Armand Assante est vraiment très bon en Sanchez,l'ambigu trésorier de la Couronne aussi agacé qu'admiratif face au Génois.Michael Wincott crève l'écran comme il avait l'habitude de le faire en jouant Moxica,le noble espagnol se révoltant contre l'administration colombienne,un personnage réel qui fut pendu et ne se suicida donc pas comme le montre le film.Tchéky Karyo campe un superbe Pinzon,ce navigateur compétent qui s'aperçoit trop tard qu'il a eu tort de faire confiance à un tocard,et Frank Langella est parfait en banquier imprudent.Kevin Dunn est impeccable en marin indécis,comme Steven Waddington en frère du héros.Angela Molina est très belle et parvient à rendre supportable son personnage d'épouse soumise au-delà du raisonnable,tandis que Fernando Rey interprète solidement le moine qui a recueilli Christophe.Notes et critiques de films de Ridley Scott publiées précédemment:voir critique "Le dernier duel".Moyenne:6,8.

pierrick_D_
5
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le 19 avr. 2026

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