Réalisation plate, dynamisme passé aux oubliettes tout comme le scénario, voilà comment je résumerais la forme de ce film. Tel que le film a été réalisé on croirait un reportage documentaire de France 3. Les deux fois où je l’ai vu je me suis presque fait chier. Le film concerne avant tout les adolescentes, ok, mais où sont passés les adultes ?
Camille 17 ans tombe enceinte par accident. Elle ne sait pas si elle va garder l’enfant. Seule, livrée à elle-même par une mère obligée de cumuler deux boulots pour les faire vivre et un frère envoyé par l’armée en Afghanistan, elle décide de garder l’enfant, lui au moins l’aimera et sera toujours là pour elle. Alors qu’elle traîne avec ses copines elle va avoir l’idée de créer une communauté « hippie » de femmes enceintes avec elles. Les filles sortent en boite un soir et couchent avec le premier garçon qu’elle trouve à leur goût. Toutes tombes enceintes. D’autres filles en dehors du groupe se retrouvent elles aussi enceintes. Camille la première à être tombée enceinte entraîne les autres filles dans son idée de créer une petite société de femmes et d’enfants, qui ne croient plus en la société. Mais les choses ne sont pas aussi faciles que ça.
Passé la forme assez pauvre, voilà ma critique du fond. Tiré d’un fait réel arrivé aux Etats-Unis en 2008, le film traite de manière simple un problème d’adolescentes unique par son ampleur. Tout au long du film aucune des filles ne semble se préoccuper de l’avenir. Comment vont-elles faire pour élever leurs enfants ? Comment vont-elles pouvoir gérer leur enfant et les études. Déjà en temps normal c’est pas forcément facile d’y arriver, mais avec un gamin en plus. Parce qu’un bébé réclame de l’attention et du temps. Elles s’imaginent leurs bébés tout mignons. Mais un bébé c’est pas ça, c’est biberon, couche, dodo, pleurs, quand ils grandissent ils faut les surveiller tout le temps pour éviter qu’ils touchent à ce qu’il ne faut pas, … . Si elles arrêtent l’école que vont’elle faire, bosser cumuler plusieurs petits boulots, aligner les CDD et les missions d’intérim pour s’en sortir si leurs parents ne peuvent ou ne veulent pas les aider.
Les parents voilà les grands absents du film comme les profs. On ne les voit pas, on ne sait pas ce qu’ils pensent, … . Camille et ses copines rêvent de faire la nique à la société, de prouver qu’on peut vivre autrement, refuser cette société « de cons ». Une vie pépère, de couple avec enfant(s), un logement, une voiture, qui fait ses courses au supermarché du coin comme des bœufs, … . Notre monde est loin d’être parfait mais il est ainsi, et en France ça tourne pas trop mal, malgré tout. Mais bien souvent comme elles les ados sont pleins de rêves. Et on ne pourra jamais les empêcher de rêver, même si leur rêve est absurde, le rêve fait parti de l’homme, c’est ce qui le fait avancer. La vie est beaucoup trop précieuse et fragile pour oser la donner sur un coup de tête.
Le film est assez confus, car tout au long de l’histoire il y’a beaucoup de silences, rien n’est dit pour nous éclairer, on change de scène brutalement, … . Malgré tout on sent ces filles assez naïves, voulant tester la liberté qui leur est offerte, découvrir de nouvelles responsabilités dont elles n'imaginent pas le poids.
Je n’ai pas très bien compris quel point de vue les réalisatrices tentent de défendre si ce n'est que ces filles n'ont pas conscience de tout ce que leur geste engendre. Est-ce que par l'absence d'adultes elles voulaient nous montrer les limites de leurs choix ? Le sujet permettait je pense d’avoir un film plus léger, plus vif et dont la morale était plus profonde. Ca n’a pas été le cas et la réflexion qu’il nous apporte à la fois confuse et limité en fait un film dont on peut se passer sans trop problèmes. Si vous ne le voyez pas ça ne vous empêchera pas de dormir la nuit. Ca vous permettra même de vous coucher plus tôt.