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1900 par Omelette-aux-Blettes

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Quand j'ai découvert à mon grand étonnement que l'excellent Gérard Depardieu avait déjà joué avec le grand Robert De Niro, je me suis dit qu'il était dans mon devoir d'aller voir ce film. Le réalisateur n'est autre que Bernardo Bertolucci, qui s'est déjà fait connaître avec Le dernier Tango à Paris avec Marlon Brandon en 1972, mais qui s'avère aussi être l'auteur du film Le Dernier Empereur. Pour être honnête je ne connais pas sa filmographie, en effet mon premier film du monsieur n'est ni plus ni moins Novecento (1900).

Alors pour commencer ce qui m'a frappé au visage dans cette œuvre et sans aucun doute son casting (moins impressionnant à l'époque qu'à nos jours), notre Gégé national (Cyrano de Bergerac, Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre...) qui avait fait avant celui là Les Valseuses, De Niro (Les Affranchis, La Valse des Pantins...) qui était déjà bien plus connu grâce à Main Streets, Taxi Driver et la deuxième partie du Parrain. Mais aussi Sterling Hayden (Le Parrain), Alida Valli (Œdipe Roi), Donald Sutherland (Johnny s'en va-t-en Guerre) et Burt Lancaster (Le Plongeon) pour ne citer qu'eux. Avec des musiques signées Ennio Moricone (Il était une fois en Amrérique, [...] dans l'Ouest). Enfin bref, vous l'avez compris, le casting est très bon et fait de ce film une œuvre internationale. Alors s'il y a bien une chose que je ne comprend pas, c'est pourquoi est-il si peu connu ? Pourquoi n'atteint-il pas 500 notes sur ce site ? Cela dit, la durée du film peut être un frein, mais quand même.

Bon retour à nos moutons (bééééé !!!). L’œuvre est une véritable fresque historique, débutant en 1901, à l'annonce de la mort de Giuseppe Verdi à la fin de la deuxième guerre mondiale en 1945. Une fresque qui s'attardera avant tout sur une grande propriété terrienne de la province d'Émilie-Romagne et c'est à travers cet endroit que nous verrons l'Italie évoluer, mais surtout à travers la destiné de nos deux protagonistes principaux, les faits historiques tourneront autour d'eux. Le film n'a pas pour but d'aller plus loin que cette terre et de sa population (paysans, propriétaires, fascistes).

C'est alors qu'on nous raconte l'histoire de deux amis, Alfredo (Robert De Niro) riche héritier de la terre en question, et Olmo (Gérard Depardieu) bâtard et humble paysan qui se battra pour le peuple. On suivra leurs destinés dès leurs naissances, passant par l'enfance où ils se découvriront, joueront et feront des conneries... ainsi qu'à leurs tout jeune age d'adultes dont ils verront le monde tourner autour du sexe (avec la célèbre scène où Depardieu et De Niro se font masturber en même temps) s'ensuivra la vieillesse. Alors que plus le temps passe, plus ils s'apercevront des différences entre eux, ne vivant pas dans le même milieu. Une relation qui évoluera donc au fur et à mesure et dont on ne se lassera pas de suivre avec intérêt.

La première partie du film ne cesse de cumuler de magnifiques scènes bercées par les compositions d'Ennio Moricone. La scène du dîné où l'enfant est sur la table, celle où Olmo et sa petite amie font appelle à la révolte après l'incendie... entre autre. Le film se distingue dans son jeu d'acteur par ce côté caricatural (qu'on peut retrouver dans les films tels que Cyrano de Bergerac ou encore 1492: Christophe Colomb) engendrant alors des moments théâtralisés. Ce qui donnera donc l’occasion de découvrir une belle écriture, pour la plupart charmée par une mise en scène remarquable et par de superbes tableaux. Une belle photographie qui nous fera bien ressentir les saisons jusqu'à en apprécier ses couleurs.
Cette partie nous permettra alors d'être témoin de nombreux événements : la différence / inégalité social , la révolte des socialistes contre le fascistes, le progrès agricole, la première guerre mondiale... tout cela sous le regard des deux protagonistes principaux, mais aussi du peuple.

La deuxième partie s'avère peut-être moins intéressante selon moi. Sûrement du fait qu'il ait moins de scènes marquantes et qui dans l'ensemble sont plus anodins, mais aussi à cause du personnage d'Attila, le chef fasciste. Un homme qui se veut cruel grossier et manichéen au possible, et rien d'autre. C'est un peu comme le film Le Pianiste (mais aussi d'autres films) faisant passer le nazi comme un pédo-violeur,-tueur d'enfant-cracheur de piéton-fracasseur de tête pour rire entre collègue... et j'en passe. Bah là c'est la même chose (vous n'avez pas vu le film ? Ne lisez pas le passage suivant), Attila est le tueur de chat, d'enfant et de villageois, qui en plus manigance ses plans pour en accuser d'autres, son visage est joliment décoré par son sourire de psychopathe. Et comment puis-je oublier sa concubine, cette femme aux rires diaboliques – corbeauésque se donnant l'image de Cruella.
Des personnages vulgaires auquel le réalisateurs ne fait pas en sorte de leurs apporter un certain recul. Que ça soit dans leurs discours ou dans leurs pensés. NON, ces sont des diables incarnés, ce sont des méchants absolus. Pourtant j'aurai bien voulu comprendre leurs visions de voir es choses, par leurs dialogues.

C'est bien dommage sachant que les autres personnages riches et fascistes du film ne sont pas ainsi. Ce couple aux intérêts douteux n'est donc qu'une grosse boulette de merde, un peu déçu de voir que c'est ce film qui l'ai pondu.

Ah puis ce qui m'a gêné aussi... « PUTAIN mais vous allez arrêter de martyriser les animaux bordel de MERDE!!!!! ».
Les grenouilles, les chats, le cochon, les canards... NON quoi je ne l'admet PAS !!
C'est bon, ça soulage de dire ce qu'on a sur le cœur.

Cette deuxième partie reste magique par toutes ces scènes où l'on trouve Gérard et Robert, des scènes mythiques mettant en avant l'évolution de leurs amitié au fil des décennies.

Pour conclure, 1900 est un très grand film avec deux acteurs géniaux, un véritable chef d’œuvre. Juste dommage pour ce grand méchant à la con qui montre explicitement le parti pris par le réalisateur ainsi que les pauvres animaux qui ont du souffrir/mourir pour ce film. Un montage de ce film avec ces scènes en moins l'aurait peut-être rendu parfait.

Je termine avec une belle analyse de Pierre-Yves Ann (sa critique : http://www.senscritique.com/film/1900/critique/23717113 ) sur les quatre saisons donnant un symbolisme intéressant à l'ensemble de l’œuvre.

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