Éreinté par la critique à sa sortie, mal aimé du public, Une chance sur deux vaut pourtant bien mieux que ce qu’on peut en lire. Évidemment, ce n’est pas du grand cinéma et le prétexte pour réunir les deux monstres sacrés est manifeste. L’hommage à un cinéma alors en voie de disparition saute aux yeux. Le résultat n’est jamais à la hauteur de ses modèles, il manque un dialoguiste plus créatif, on laisse un peu les deux vedettes cabotiner et le scénario, très prévisible, est terriblement paresseux. Énumérer les défauts du film n’est pas chose compliquée.


L’essentiel est bien évidemment ailleurs, cependant. Il repose sur deux personnalités au charisme immense qui font l’atout majeur de ce film. D’un côté, Bébel en plaisantin qu’il ne faut pas chatouiller, de l’autre Delon en faux mec antipathique qu’il ne faut pas emmerder, et nous voici bien armés pour un agréable divertissement. Comédie d’action plaisante et amusante, elle nous permet de retrouver nos deux vedettes du box-office pendant plus de vingt ans avant qu’elles ne tirent leur révérence. Déçu du résultat commercial du film, Delon mit en effet fin à sa carrière cinématographique après sa sortie, en-dehors d’une seule incartade. Belmondo tourna deux autres films ratés avant ses ennuis de santé.


Cette sorte de dernière séance n’a rien de déshonorant. Si l’histoire, qui évoque parfois Les Compères, est tirée par les cheveux et si certaines scènes sonnent un peu faux, l’ensemble atteint sa cible. Voir Bébel et Delon en papys flingueurs envoyer valser à grands coups d’explosifs une organisation russe cherchant à s’implanter sur la Côte-d’Azur reste terriblement jouissif. Plus que dans Borsalino, les deux acteurs, cela se voit, s’entendent comme larrons en foire et Vanessa Paradis, au milieu, opère entre eux un joli trait d’union. On aurait sûrement préféré quelque chose de plus abouti et original mais le résultat fonctionne. La nostalgie d’un certain cinéma français mort depuis le rend encore plus attendrissant à regarder des années plus tard.

Créée

le 14 févr. 2022

Critique lue 396 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 396 fois

10
10

D'autres avis sur 1 chance sur 2

1 chance sur 2

1 chance sur 2

5

-Marc-

898 critiques

Paradis, c'est l'enfer

Cette histoire invraisemblable est en fait un hommage au cinéma français d'humour et d'action que nous ne savons plus faire. Bourré de références, en particulier à "Borsalino", Il mélange joyeusement...

le 12 avr. 2013

1 chance sur 2

1 chance sur 2

7

KilleurExtrem

90 critiques

Avec Belmondo, Delon et Vanessa on est au paradis!!!!

Aimer un film c'est vraiment subjectif certains voient dans un film comme le "Parrain" le film ultime sur la maffia, d'autres le voient comme un film long sans action, "chiant" et pourtant ces deux...

le 23 août 2013

1 chance sur 2

1 chance sur 2

7

jesuismutique

1000 critiques

Un plaisir est-il coupable.....?

Alice (Vanessa Paradis) sort de prison. Sa mère qui vient de mourir lui a laissé une cassette dans laquelle elle lui dit avoir aimé 2 hommes en même temps : Léo Brassac (Jean-Paul Belmondo) et Julien...

le 11 avr. 2024

Du même critique

Le père Noël est une ordure

Le père Noël est une ordure

9

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Du culte en haut de la cheminée

La comédie est un art difficile et ingrat. Quand elle est ratée ou même moyenne, elle est plus vilipendée que les autres genres, sous prétexte qu’elle est prétendument moins ambitieuse et qu’elle...

le 24 mars 2022

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

le 22 oct. 2021

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

le 18 nov. 2022