22h47, je viens de prendre une claque monumentale. Une gifle cosmique qui m’a laissé complètement KO, scotché à ma chaise.
2001 : l’Odyssée de l'espace. Ce film est un monstre, un monstre absolu. Parce que c’est l’expérience sensorielle ultime du Grand Vide. Kubrick ne se contente pas de filmer l'espace, il nous le fait ressentir à plein nez. On est constamment écrasé par cette immensité cosmique. On se sent minuscule, insignifiant, comme un petit étron à mesure que le film avance.
Et le plus dingue, c'est que je n'ai pas ressenti une seule seconde d'ennui. Malgré l’absence des dialogues et des scènes qui s’étirent comme une éternité, le petit Stanley nous plonge dans une hypnose symphonique absolue. Ce bruit de respiration dans le casque, ce silence qui nous hante dès qu'on bascule dans l'espace, ça m’a retourné. Je ne regardais pas les scènes, j’y étais vraiment. J’étais en orbite avec les personnages. Entre la fascination, l'émoi et l'émerveillement, j'était dans une immersion totale.
Et cette fin mdrr. Je pense à tous ceux qui m'ont dit n'avoir rien capté. Alors certes c'est de l'expérimental, mais je trouve qu'on arrive à plutôt bien comprendre le délire globale sur l'évolution de l'humanité. Mais surtout, c'est d'une beauté absolue. L'esthétique des 20 dernières minutes ne devrait pas être possible en 1968. D'ailleurs c'est ça pendant chaque plan. On se dit qu'il est humainement impossible d'arriver à un tel résultat technique. Et pourtant, Kubrick l'a fait. Pfff que dire c'est indécent, c’est même pas de la maitrise à ce niveau là.
Bilan, je viens de terminer la critique à 23h25, je suis chamboulé, un peu perdu mais convaincu d’avoir vu le patron du cinéma. Parce que 2001 : l’Odyssée de l'espace, c’est la preuve ultime que le silence, le vide et la contemplation font parfois bien plus de bruit que toutes les explosions de n'importe quel blockbuster à la noix. J'ignore quoi dire d'autre, je manque de recule mais en même temps c'est une étape logique de toute cinéphilie.