2001 : L'Odyssée de l'espace est un monument du cinéma. Prétendre le contraire relèverait presque de l'hérésie. Pourtant, je dois avouer qu'il m'a fallu plusieurs visionnages avant d'en mesurer toute la grandeur.
Ma première rencontre avec le film fut même un échec. Je m'y ennuyais profondément et je ne suis pas allé jusqu'au bout. Mais sa réputation de « mont Everest du cinéma » était telle que j'ai insisté. Je l'ai revu, encore et encore, sans jamais y trouver le plaisir que j'espérais.
Puis il y a eu la salle de cinéma. Et là, ce fut une véritable révélation. Un uppercut. Mon cerveau semblait se liquéfier tandis que je me laissais porter par le flot des images, des silences et de la musique. Le récit cessait d'être une histoire pour devenir une expérience sensorielle, presque un trip psychédélique. Une sensation d'une rare intensité.
Après cette projection, j'ai eu envie de comprendre. Je me suis plongé dans les écrits consacrés à Stanley Kubrick. Fidèle à lui-même, le cinéaste n'a jamais livré d'explication définitive, laissant son œuvre ouverte à toutes les interprétations. En revanche, certains de ses collaborateurs ont apporté quelques clés de lecture. J'ai lu d'innombrables théories sur 2001, mais aucune ne s'est totalement imposée à moi. Les émotions que le film provoque et le sens que je lui donne m'appartiennent.
C'est sans doute pour cela que 2001 : L'Odyssée de l'espace demeure une œuvre aussi vertigineuse. Lorsqu'on accepte de s'y abandonner, chacun finit par se fabriquer son propre film, sa propre lecture, son propre voyage. Et c'est peut-être là que réside la plus belle magie du cinéma.