23 souffre d’un manque d’engagement évident, d’une narration qui se saborde, passant du film informatif au thriller spectacle en un claquement de doigt. Entre images d’archives, tentatives rapidement avortées de cerner le monde du piratage informatique, fresque sociale et manipulation politique, Hans-Christian Schmid ne parvient pas à choisir son camp, tente de tout entremêler et finit par ne plus savoir quoi illustrer.
Si la première demi-heure possède sa petite mythologie, rapidement 23 se perd au milieu d’enjeux qui ne sont jamais clairement identifiés et manquent clairement d’une implication plus personnelle. Conscient qu’il s’est embarqué dans un portrait casse tronche, Hans-Christian Schmid le noie dans des problématiques sociales qui n’ont pas grand intérêt : dépendance à la cocaïne, dépression nerveuse, enfermement paranoïaque … des lignes narratives parallèles qui noient le seul contexte qui pouvait être intéressant, à savoir la trame qui concerne l’espionnage industriel auquel quelques pirates ont contribué au début des années 80 en Allemagne, et ailleurs.
Résultat, rapidement, on se désengage du visionnage, et on se laisse porter assez passivement jusqu’au dénouement, peu inspiré, comme le reste de la bobine. Un film anecdotique, qui à mon avis, se plante dans les grandes largeurs, en exploitant le domaine de la sécurité informatique pour dresser le portrait d’un névrosé qui n’avait pas les idées claires : une image un peu facile.
Ne connaissant pas en détail la vie du jeune pirate dont il est question, Karl Koch, je ne peux dire si ce sentiment de désinformation que j’ai ressenti est avéré. Toutefois, en me renseignant un peu, j’ai pu lire que son entourage direct a publié, après le film, un certains nombres de correctifs —que je n’ai pu trouver malheureusement—, ce qui tend à penser que cette version créée pour le grand écran est clairement à prendre avec des pincettes, ce dont on se doute rapidement pendant la séance, malheureusement.