28 ans plus tard
6.2
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Film de Danny Boyle (2025)

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J’apprécie 28 Days Later, mais je lui préfère sa suite. Pour autant, je n’avais aucune attente quant à ce troisième volet tardif, et les premiers retours m’avaient d’autant plus refroidi malgré une bande-annonce au montage diablement évocateur. Bien que je sois plutôt friand de Danny Boyle, j’ai douté. Et ce ne sont pas les premières minutes de 28 Years Later qui m’ont rassuré.


Désagréables à l'œil sont ce montage, ces fish-eyes, ces couleurs saturées. Agressifs à l’oreille sont ces sons tonitruants, saturés et distordus. Mais ils participent à la folie de cet univers que l’on nous expose par le rite initiatique d’un enfant qui n’a connu que celui-ci. Cette approche par les yeux de Spike permet d’immerger le spectateur de la plus brutale des façons, et d’assimiler ces apprentissages au même rythme que lui.


La franchise prend une tournure (logique au vu de la temporalité) vers de la folk horror post-apo, où les mœurs des insulaires se voient conduites par les légendes de l’ancien monde dont ne subsistent que de rares témoins, où les docteurs sont des tout-puissants, où le Delilah de Tom Jones devient chant ancestral, et où la vérité est souvent occultée par instinct de survie, que ce soit dans le mensonge ou dans l’alcool.


Car quand la menace point, c’est dans la fureur et la vélocité enragée qui dégouline dans les effets qui viennent parasiter la pensée et le réel.


Au milieu de la confusion répugnante au spectateur trône des images d’orfèvre, des séquences marquantes (en tête ce poème de Rudyard Kipling sur les affres de la guerre, litanies des “Boots” qui allant crescendo dans la vocifération, accroissant le malaise déjà ressenti alors que l’on pénètre dans les terres sauvages), des parallèles à l’histoire de la Grande-Bretagne où s’incruste l’archerie anglaise comme un héritage supplémentaire. Un melting plot de chaos gerbatoire où brillent de splendides occurrences stylistiques.


C’est une première moitié de métrage difficile à appréhender tant elle confie à la fois au génial et au trop plein, me faisant basculer de la plus pure excitation à l’embarras le plus total. Ca serait donc une réussite, puisque l’horreur est bien là, dans les choix esthétiques faits qui ne laissent personne indifférent (il n’y a qu’à voir les notes assénées comme autant de rejets viscéraux ou d’acquiescements stupéfaits) et accouchent d’une oeuvre à l’indubitable singularité. Le film le plus original que j’ai pu voir cette année, c’est une certitude. Et peut-être que j’écris trop à vif, le lendemain du visionnage, et que je n’ai pas encore réussi à digérer les expérimentations formelles de Danny Boyle et Alex Garland. Sont-elles creuses ou avant-gardistes? Elles sont en tous cas en ligne avec le corpus hétéroclite du cinéaste qui n’a cessé de proposer des incartades dans le consensuel, de Trainspotting à The Beach, en passant par Sunshine ou 127 Hours.


La seconde moitié quant à elle s’assagit, alors que Spike commence à mieux appréhender le monde qui l’entoure et y trouve ses repères. On y parle du rapport à la mort, à la fois transformé et immuable, tandis que le deuil se fait par la consécration de ce qui fut. Memento mori nous dit Ralph Fiennes par ses catacombes à ciel ouvert, comme pointant vers des cieux plus cléments dans une élévation spirituelle. C’est le moment de la respiration, de la compréhension et de l'acceptation avant une annonce de la suite qui semble de nouveau bousculer les préconceptions de Spike, et du spectateur.


Et alors qu’arrive le générique de fin, il ne me vient qu’une question en tête : “Putain mais où est-ce qu’on va?


C’est la surprise totale, et donc un enthousiasme que je ne pensais pas trouver là.


Créée

le 1 août 2025

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Frakkazak

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