28 ans plus tard
6.2
28 ans plus tard

Film de Danny Boyle (2025)

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Sacrée arlésienne que ce troisième volet de la saga 28 jours plus tard. Sacré risque également avec un budget quadruplé par rapport au précédent mais pas que. Les deux premiers sont toujours célébrés pour leur audace et la radicalité de leur mise en scène. Alors si Danny Boyle revient à la caméra certes ce n'est pas pour radoter (rattrapez son brillant T2 Trainspotting). Changement de décor, changement de concept et changement de caméra. Le DV c'était l'avenir en 2002, aujourd'hui on expérimente avec les smarpthones (l'Iphone 15 Pro Max, en l'occurence*). Et ce que 28 ans plus tard raconte, c'est l'apprentissage pour un adolescent de la mort. Et de sa nécessaire émancipation d'un monde replié sur lui-même, isolé et nocif en plus d'avoir des enragés à proximité (Brexit, te voilà).

Boyle raccorde habilement avec les thématiques plus intimistes de 28 jours plus tard - cadre plus resserré, moins de personnages - mais esthétiquement il en est assez éloigné. On a évidemment une meilleure résolution, mais la photographie est moins crue (beaucoup plus bleutée), ce qui donne un ton plus proche de la fable que du reportage caméra au poing. Il s'agit bien de ça ici, un voyage du héros version punk où Spike apprend par à-coups ou en accéléré, en faisant demi-tour ou en fonçant tête baissée. Le réalisateur et son chef op Anthony Dod Mantle ont beaucoup de jouets à disposition (les Iphone donc mais aussi des caméras traditionnelles ou des drones) alors ils tentent énormément de choses, du panorama avec les silhouettes à un bullet-time primitif, pas mal d'angles inédits, du mouvement pratiquement incessant, un montage frénétique, des couleurs à tout va, de l'onirique par-ci, du symbolique par-là,...On retrouve cette envie de cinéma bouillonnant, où l'on ne se refuse rien. Comme souvent chez Boyle, c'est parfois épuisant mais surtout galvanisant. Ce qui présente des avantages. On a pas le temps de s'ennuyer, c'est très dynamique, parsemé de moments extrêmement gores avec aussi quelques respirations humoristiques. Mais il y a aussi l'inconvénient de partir dans plusieurs directions sans respirer (l'ile et ses traditions, légèrement survolées). Il y a quelques visuels pas terribles lors d'une poursuite sur une chaussée immergée. Et il manque un dernier acte pour clore ce chapitre de manière satisfaisante. Au lieu d'un point final, le long-métrage privilégie les points de suspension et l'ouverture très bizarre sur un deuxième opus (The Bone Temple, tourné par Nia DaCosta). Dommage de ne pouvoir complètement se fixer, alors que jusque-là, chaque volet était conçu indépendamment. Ce qui ne n'empêchera nullement d'aller voir le suivant.

*Les smartphones d'Apple étaient munis d'objectifs spécifiques pour le tournage, il faut le noter.

ConFuCkamuS
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le 19 juin 2025

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