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le 18 juin 2025
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23 ans plus tard, 28 Jours Plus Tard n'est plus aussi novateur qu'à sa sortie, mais il est toujours aussi efficace et viscéral. Cela montre que son succès ne reposait pas que sur l'effet de surprise de voir des zombis taper des sprints, mais surtout sur une mise en scène enlevée et une écriture profondément humaine, qui n'a rien perdu de sa superbe.
Le second opus avait beau avoir été produit par Danny Boyle, Alex Garland, respectivement réalisateur et scénariste de l'original, c'est Juan Carlos Fresnadillo qui s'y était collé, et si le résultat m'a personnellement beaucoup plu, il est loin d'être auréolé de la même aura de classique fondateur.
Nous voici en 2025, avec ce que je pensais être le dernier volet de ce qu'on appellerait désormais une trilogie. Danny Boyle et Alex Garland sont de retour aux commandes, j'ai soigneusement évité la bande-annonce, les premières critiques sont positives, et toutes les étoiles semblent alignées. Le résultat est un film... étrange, qui m'a plu pour sa bizarrerie décomplexée et malgré de grosses réserves pendant son dernier acte.
Ça commence pourtant très bien, avec l'introduction d'une petite communauté rurale peuplée de survivants barricadés sur une presqu'île. Le film nous fait découvrir cet environnement et ses habitants sans nous noyer sous une couche d'exposition bavarde, et entre très rapidement dans le vif du sujet lorsque papa emmène fiston en mission d'exploration à la recherche de matériel ou de nourriture. La ritualisation de leur départ en dit long sur l'existence recluse de nos survivants et m'a rapidement immergée dans ce "monde d'après" ravagé par l'épidémie des premiers films. Entre temps, les humains se sont adaptés à leur nouvel environnement, mais les zombies aussi.
S'ensuivent trente suffocantes minutes dans une campagne sinistrée où le moindre faux pas peut être fatal, et où l'on découvre un nouvel écosystème de macchabées plus ou moins putréfiés. La photo et la mise en scène cassent beaucoup de règles et les premières scènes d'action ont de quoi désarçonner, mais sont surtout diablement efficaces, et la course-poursuite qui en découle est à couper le souffle.
o o o
[Spoiler mineurs]
Si la suite avait été de ce calibre, je tenais sans conteste mon film de l'année, mais 28 ans plus tard va plusieurs fois changer de rythme, de cap et partir dans des directions inattendues, pour le meilleur et pour le pire.
L'arc de la mère m'est complètement passé au-dessus, car on avait vu très peu de ce personnage avant qu'elle prenne de l'importance, et je ne me suis jamais senti émotionnellement impliquée dans ce qui lui arrivait, alors qu'avec papa, la sauce avait pris immédiatement. Et ça n'a rien à voir Jodie Comer que j'avais trouvée excellente dans The Duel, mais plutôt un personnage faiblard qui débarque trop tard et dont je n'avais rien à secouer.
Il y a heureusement encore de très bons moments dans ce second tiers, comme le militaire joué par Edvin Ryding et qui apporte une légèreté bienvenue, ou la scène surréaliste du train, mais j'ai quand même senti des longueurs dès que maman était à l'écran. Désolé, Jodie.
Le rythme se casse réellement la gueule avec l'irruption Ralph Fiennes, pour un troisième acte dans lequel il ne se passe plus grand-chose. C'est la conclusion d'un voyage plein d'émotion où l'on vous sort violemment les violons pour quelques scènes tire-larmes, mais ça m'en a touché une sans faire bouger l'autre. Autant j'étais tendu et haletant dans toutes les scènes de suspens du début, autant émotionnellement, le film ne m'a jamais remué, à l'inverse total de 28 jours plus tard dont j'avais trouvé les personnages touchants.
[/Spoiler]
o o o
Parlons enfin de cet épilogue WTF qui conclue le film sur du gros métal qui tâche dans une scène de clownerie totalement hors sujet. C'est surtout choquant de finir là-dessus quand on s'attend à voir le film boucler ses arcs narratifs.
Mauvaise surprise post-séance : 28 ans plus tard est en réalité le premier volet d'une nouvelle trilogie. Misère. Un nouveau film, donc dans le même "univers", si on peut appeler ça ainsi, puisqu'il s'agit une fois de plus d'un post-apo zombie générique sur lequel on a saupoudré quelques influences issues d'années de jeux vidéos, comme le tank de Left for Dead.
Après The Matrix, The Hobbit, Jurassic Park, Terminator, Robocop, l'Arme Fatale, Le Parrain, Iron Man, La Momie, X-Men First Class et quelques autres, je ne pense pas avoir besoin de vous expliquer pourquoi ce genre d'annonce est presque toujours motivée par l'appât du gain de studios qui privilégieront toujours la quantité sur la qualité.
D'après Garland, son histoire était trop grosse pour être comprimée en un film, et j'ai envie de lui laisser le bénéfice du doute, donc gardons au moins nos chakras ouverts jusqu'au prochain, mais je n'irai pas avec le même optimisme que celui-là.
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Créée
le 3 août 2025
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