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le 18 juin 2025
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Vingt-trois ans après « 28 jours plus tard », « 28 ans plus tard » commence par une première régression. Alors que son prédécesseur, « 28 semaines plus tard », s’achevait sur l’arrivée du virus en...
Il sera question dans cette critique du film 28 ans plus tard réalisé par Danny Boyle à quelques années près pratiquement 28 ans après le premier film qui a tout changé : il a révolutionné un genre entier et pas que au cinéma, dans tous les domaines l’influence de ce film est bien, vous le voyez, dans absolument toutes les œuvres post-apocalyptiques qui sont sorties depuis les années 2000.
On dit que Mad Max a créé le visuel de ce que le post-apocalyptique punk et bien 28 jours plus tard lui a créé le post-apocalyptique urbain moderne.
Étrangement ce film 28 ans plus tard est le mix parfait entre les deux : à la fois Mad Max et 28 jours plus tard.
Il est aussi une autre chose, quelque chose qu’on n’avait pas vu venir mais qui est pourtant assez pertinent quand on connaît le genre.
Mettez de côté tout le côté moderne : ont suit quand même des gens qui se battent avec des arcs dans un monde rempli de danger dans lequel des créatures fantastiques vivent et peuvent se reproduire avec plusieurs espèces différentes.
Ça vous rappelle pas un peu la fantasy, l’héroïque fantasy ou dans notre cas actuel la dark fantasy.
Après tout le film de zombie ce n’est que du fantastique donc voir un film de zombie qui est l’héritage d’une révolution dans le genre revenir à sa source première c’est-à-dire le fantastique enfin non le fantasy c'est pas déconnant.
Ça pour le coup je pense que absolument aucune œuvre post 28 jours plus tard ne l’a vu venir.
Mais ça c’est juste une impression : je sais pas si c’est volontaire. Déjà pour le côté Mad Max, Danny Boyle insémine une énergie punk et un peu kitsch qui est, eh bien tout simplement la marque de fabrique de Mad Max.
Rajoutez à ça la réalisation : ces plans caméra très spéciaux, à chaque fois qu’un infecté se fait tuer c’est caméra qui pivote, ce sens de la rythmique de l’accéléré ou du ralenti, ça ne vous évoque pas Mad Max.
Et c’est sans parler les derniers personnages que notre héros croise à la fin du film : remplacer les costumes en cuir à clous par des illuminés en survêt à couleur, me dites pas que ça ressemble pas des personnages de Mad Max.
Il y a quelque chose qui n’est plus pareil : la saga 28 jours plus tard a toujours été sérieuse, on avait pas de personnage loufoque, on avait des personnages fous ou désenchantés mais pas loufoques.
Et tout est dit dans ce film, ce changement de registre : la première partie on revient à ce qu’on connaissait sans faire la même chose mais du pur survival, des humains qui survivent face au zombie.
Deuxième partie ça change : on est plus dans le survival, on est dans le film intimiste, on est dans un film introspectif qui questionne la nature de l’homme et son rapport à la mort.
Pour finir sur ce climax (si on peut dire) ou le héro à rencontrer cette bande d’illuminés complètement barjots qui se battent avec la mise en scène des Power Rangers.
Et pour en revenir je pense aux messages du film : il y en a deux, chacun approprié à sa partie. Le premier message tout comme le deuxième sont liés par une chose par contre : la notion de cycle.
Le premier c’est le cycle de la violence.
Le deuxième c’est le cycle de la vie.
Pendant toute la première partie où le personnage principal du jeune garçon part en chasse avec son père, toute cette partie est entrecoupée de plans de plusieurs époques différentes montrant les hommes faire la même chose c’est-à-dire tuer.
On voit des images du Moyen Âge, on voit des images de la guerre, on voit des chevaliers qui se confondent avec nos personnages actuels traçant un parallèle entre le passé et l’actuel comme un recommencement éternel, le fameux cycle.
À ce moment-là nous sommes dans le cycle de la mort, celui de la violence : les mêmes erreurs conduisent au même résultat.
Après des millénaires finalement l’humanité n’a pas changé : elle continue toujours les mêmes rituels et les mêmes erreurs sans doute.
Même s’il ne les remet pas en cause, il ne dit pas que c’est mal en soi : il montre juste le parallèle historique d’un cycle qui recommence.
C’est pour ça le chant qu’on entendait déjà dans la bande-annonce, il me semble que c’est celui d’une lettre d’un soldat envoyée à ses parents ou quelque chose du genre mis en chanson, une sorte de poème macabre.
C’est pour ça toutes les images d’archives, d'époque ou fantasmées du passé, c’est pour ça le parallèle entre des chevaliers du Moyen Âge et un père et son fils contre les zombies.
Même si concrètement il y a rien de mal à apprendre à survivre, le film n’est pas dans le concret : il est dans le métaphorique. Bien sûr si tu le prends au premier degré c’est un peu culcul.
Mais si tu le prends comme une métaphore d’un coup ça a beaucoup plus de sens : les images ont du sens si le réalisateur a décidé de monter son film comme ça c’est pas pour rien.
Et du coup on en vient à la deuxième partie et elle n’est pas entrecoupée par des images du passé peut-être parce que le cycle dont on parle dans cette deuxième partie est neuf.
Et il est illustré par deux moments : le premier c’est la naissance d’un enfant venant d’une infectée, un enfant sain (saint ?) même à travers la mort la vie reprend son droit : une infectée, une zombie a donné naissance à une jeune enfant en parfait de santé et pas infectée.
Le cycle de la vie tout simplement et dans le cycle de la vie il y a la naissance et il y a la mort.
La mort sera celle de la mère aussi bien du bébé que de la mère du héros. En effet toute la deuxième partie du film a pour enjeu pour notre jeune héros d’amener sa mère au docteur.
Et c’est lui qui va lui apprendre la leçon finale du cycle de la vie : le memento mori.
Rappelle-toi que tu dois mourir : il le dit clairement, il a érigé une espèce de gigantesque monument aux morts pour se rappeler de tous ceux qui sont morts justement, il les honore, il les traite avec respect et comme il dit aussi bien infectés que non infectés.
Et une fois arrivé chez le docteur celui-ci va alors apprendre que le personnage de la mère est condamné : elle a un cancer.
Il va donc abréger ses souffrances et par conséquent donner la dernière leçon de vie à son fils.
Memento Amoris.
Rappelle-toi que tu dois aimer.
Çà aussi on l’avait pas vu venir : un film de zombie, un survival qui a comme leçon n’oublie pas d’aimer.
C’est la plus belle scène du film : c’est une scène de mise à mort certes mais c’est une scène d’amour. Le film est triste mais le film est lucide.
C’est un film étrangement positif, étrangement lumineux, étrangement coloré.
Et finalement tout ça dresse une seule chose : un parcours du héros comme dans quel genre ? Comme dans l’héroïque fantasy.
Vous voyez que la boucle est jusqu’au bout : un film qui parle de cycle et qui de par son propre genre revient lui-même à l’origine de son genre.
La fantasy a créé l’horreur, l’horreur a créé le zombie, le zombie revient à la fantasy : c’est une boucle de cinéma.
C’est quand même bien de regarder des films réalisés par les grands réalisateurs parce que ces gens-là sont les seuls qui arrivent encore à faire évoluer le cinéma et évoluer le genre dans lequel ils sont.
Ce sont souvent des hommes qui parlent d’autres choses que de l’histoire du film : parfois même ils parlent de cinéma et ici c’est un film de zombie qui parle de la vie.
Qui parles de l’être humain ça c’est beaucoup plus banal effectivement dans le film de zombie mais qui parle de l’humain à travers l’histoire ça c’est moins banal.
Danny Boyle il est revenu au zombie pour faire muter sa propre saga et je pense qu’il est en train de créer la toute première trilogie d’héroïque fantasy zombie.
C’était une sacrée expérience : c’est un putain de bon film.
Et surtout paradoxalement je pense qu’avec Avatar c’est le film le plus coloré que vous verrez cette année.
Le film est visuellement très coloré : vous savez que moi j’aime pas les films d’horreur beaux.
Ici j’ai envie de dire c’est un film d’horreur naturaliste qui met au cœur de la nature et de ce qu’elle est sa réalisation.
Le vert il est pétant, la nuit elle est étoilée et de toutes les couleurs.
C’est juste le film est beau mais il est pas beau à chercher le plan magnifique : non il est beau parce que la nature est belle et qu’il filme la nature tout simplement.
Et puis en termes de tension on a un grand réalisateur à la barre donc quand le mec veut te foutre les boules il te fout vraiment les boules.
Quand le mec va te faire une scène gore le mec te fait une sacrée scène gore.
Malgré tout le côté très positif du film ça reste du post-apocalyptique zombie : ça reste extrêmement violent, il y a des têtes qui sont arrachées en pleine face devant la caméra.
Tu as des mecs qui se font bouffer devant la caméra : ça ne rigole pas pour autant.
Non vraiment ce film c’est une sacrée expérience : je sais pas s’il aura l’impact qu’a eu 28 jours plus tard mais si la trilogie va au bout et transforme bel et bien sa saga en ce que je crois je pense que ce 28 ans plus tard sera lui aussi une référence dans ce que sera le post-apocalyptique et peut-être même le fantasy pendant encore des années.
Bien sûr que je vous conseille.
Merci d’avoir lu.
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Créée
le 22 déc. 2025
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