Il est rare qu’un film me laisse aussi froid que 30 Beats d’Alexis Lloyd. Pourtant, avec un sujet aussi universel que le désir charnel, il semblait difficile de tomber dans un vide aussi abyssal. Hélas, 30 Beats y plonge tête la première, enchaînant les scènes fades et les personnages inconsistants, au point que lui accorder 1,5/10 relève presque de l’indulgence.


Le projet de suivre une chaîne de dix rencontres sexuelles à New York promettait de la chaleur, de la tension, des portraits nuancés. Le résultat ? Un enchaînement de vignettes sans âme, où chaque passage ressemble à un exercice scolaire dépourvu de toute spontanéité. Plutôt que d'explorer la complexité du désir humain, Lloyd empile les clichés avec une maladresse désarmante.


Difficile de se sentir concerné par des figures aussi caricaturales que l’ingénue en quête d’éveil ou le thérapeute new-age. Chaque personnage est à peine esquissé, jamais incarné. Aucun dialogue ne parvient à donner vie à ces silhouettes sans chair. Les acteurs, laissés sans vraie direction, débitent des banalités avec une platitude désespérante. Il est presque gênant d'assister à ces échanges si déconnectés de toute émotion authentique.


À l’image de son récit, la réalisation est d’une tiédeur consternante. Plans fixes, lumière neutre, absence totale de tension visuelle : 30 Beats ressemble à un projet d’école de cinéma qui aurait oublié d’insuffler la moindre passion dans son cadre. Même les rares tentatives d’érotisme paraissent gênées, désincarnées, privées de toute vraie sensualité.


30 Beats prétend parler du désir, mais semble avant tout mal à l’aise avec son propre sujet. Les scènes de nudité sont aussi froides qu'un manuel de biologie. Jamais la sensualité, la tendresse, la peur ou la vulnérabilité n'émergent. Ce qui aurait pu être un ballet délicat des corps et des émotions se réduit ici à une série de saynètes mornes et sans conséquences.


Au final, 30 Beats ne raconte rien, ne fait rien ressentir, ne propose rien d'autre qu'un concept sabordé dès ses premières minutes. Mon ressenti est celui d'un immense gâchis : on cherche désespérément une émotion, un frisson, une étincelle... et l’on ne trouve qu’un désert émotionnel où même l'ennui finit par perdre patience.

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le 29 avr. 2025

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