Lorsque l’on reste sur les souvenirs de ses premiers films, on se dit que Rob Zombie a toujours un ton particulier à apporter, et peut encore déranger le spectateur, le sortir de sa zone de confort.
Malheureusement, ses personnages cradingues, perturbés et perturbants, sont des reflets de plus en plus ternes de ce qu’ils étaient auparavant, pour devenir ici de simples archétypes unidimensionnels au sein d’un slasher au scénario tristement banal.
Quel dommage de prendre conscience que le réalisateur, malgré son indépendance et son casting en dehors des sentiers battus, ne semble pas vouloir faire bien plus qu’un film pépère, presque en famille, aux dialogues creux, aux scènes d’action vues et revues et aux retournements attendus. On sent les idées, ici et là, dans les décors, les costumes, les antagonistes, mais le tout est assemblé tant bien que mal et aucun personnage n’existe en dehors des scènes dans lesquelles il n’est qu’un pantin claudiquant vers la mort. On reste par conséquent vaguement détaché de leur destin, qui se dessine tranquillement mais surement, jusqu’à ce que l’ennemi final lui-même s’agite, soliloque et se gargarise face à pas grand-chose.
Si c’était un premier film, il serait sans doute mieux reçu, mais on devrait être en droit d’attendre d’un réalisateur confirmé qu’il s’améliore et cherche à se dépasser d’un film sur l’autre au lieu de chausser ses pantoufles pour nous offrir guère plus qu'un divertissement correct, qui ne s’élèvera jamais à la hauteur des films qu’il cite, que ce soient Running Man et La Colline a des yeux, ou a fortiori des chefs d’œuvre subversifs comme Massacre à la tronçonneuse et Orange mécanique.
La surprise viendra peut-être d'un prochain film, si Rob s'associe enfin à un scénariste.