Rob Zombie n'étant pas le cinéaste le plus prolifique qu'on puisse voir, chacun de ses nouveaux films est donc un petit événement, nous ne l'avions pas vu depuis 2013 où il nous avait laissé sur un déroutant The Lords of Salem, il nous revient aujourd'hui avec une recette vue mainte fois mais qui si elle est bien faite peut toujours faire son effet, le slasher.
Ce qui frappe le plus quand on se retrouve face à ce 31, c'est bien évidement la patte pur jus de Rob, il nous ramène une fois de plus à son univers qu'il a pondu en 2003 avec La Maison des 1000 morts. A bien des égards même, que ce soit dans l’atmosphère et l'ambiance, la chaleur des décors désertiques, ce coté seventies pelliculaire, puis les personnages évidement qui sont quasiment des copies de son premier film, tout comme sa suite The Devil's Rejects, le personnage de Charly en est la preuve flagrante.
Il ne nous apporte donc rien de bien nouveau ici, il s'amuse juste à balancer ses potes et personnages favoris dans un slasher peu copieux. Il n'y a qu'à voir les dialogues, bas de plafond pour la plupart si ce n'est tous, et comme le veut la loi du film crade et violent pur jus, le scénario on le balance à la casse.
Si on est prêt à passer outre tout cela on peut trouver moyen de passer un bon moment, ce qui est mon cas, je n'ai certes pas pris mon pied car je ne retrouve toujours pas ce que j'attend chez un réal comme Zombie, à savoir le fun, le jubilatoire, le jouissif. C'est décidément clair, Rob n'arrive pas à rendre ses films kiffant, c'est plaisant et le biscuit passe crème mais il manque clairement le second degrés derrière la folie esthétique.
En parlant d'esthétisme, il est sans doute à son meilleur ici, il avait su prouver avec des films comme Halloween 2 ou encore The Lords of Salem qu'il pouvait faire claquer l'image. Ici c'est un bonheur visuel, entre cette image granuleuse et contrastée à la seventies qui accompagne fabuleusement les jeux de couleurs clinquant, ça envoi. Le sens du cadre arrive même à bluffer lors de certaines scènes et le montage toujours peuplé d'arrêts sur image et zoom n'aura sans doute jamais été aussi bien utilisé dans sa carrière. Puis la bande son est un petit plaisir qui s’appose tranquillement sur la barbarie sanguinolente du métrage.
En bref, entre un nain nazi à la tronche de Johnny Knoxville, un barge qui ressemble au Joker ou encore ce duo frisant le Die Antwoord, y'a de quoi s'amuser un peu même si je le répète le jouissif n'est pas présent, encore qu'il l'approche quelques fois de pas très loin.
Ce n'est donc pas pour son scénario ni son casting qui ne vole pas plus haut que ce qu'on demande à un slasher qu'on repensera au film, pour moi il est évident que c'est principalement un film visuel qu'un trip total. Nous ne sommes donc pas face à un nouveau film de Zombie (le réal pas le genre hein... non parce qu'on pourrait penser puis non...) qui poussera enfin le gars au rang qu'il aurait pu attendre il y'a déjà plusieurs années maintenant.