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Film de Park Joonho (2025)

"Avec 3670, le réalisateur coréen Park Joon-ho signe un premier long-métrage à la fois sobre, sensible et percutant sur la double marginalité d’un réfugié nord-coréen homosexuel à Séoul. Entre déracinement, réflexion sur le désir et quête d’identité, le film interroge les frontières invisibles d’une société moderne qui peine encore à accueillir l’altérité."


"Déjà passé par la scène du FFCP avec son court-métrage Almond : My Voice Is Breaking, Park Joon-ho prolonge ici sa réflexion sur la voix – non plus seulement au sens littéral, mais comme métaphore d’une identité en construction. Son récit-miroir oppose la communauté des réfugiés nord-coréens à celle des homosexuels de Séoul : deux groupes en marge, unis malgré eux par le poids du secret et de la dissimulation. [...] Park explore les tensions émotionnelles et la fragilité des liens à travers une dynamique de groupe où amitié, fraternité, désir et jalousie s’entrechoquent en silence. Son cinéma met en lumière cette étape cruciale qu’est le « passage à la lumière », avec ses promesses d’émancipation autant que ses contrecoups."


"Plutôt que d’aborder son sujet sous l’angle de l’homophobie ou du drame social, Park Joon-ho choisit d’examiner la nature humaine dans un milieu a priori ouvert. Il privilégie l’intime, les gestes, les silences et les respirations, échappant ainsi aux habituels discours sur la culpabilité. Loin du mélodrame, son approche valorise la suggestion, la retenue et une émotion diffuse mais persistante. La photographie accompagne cette dualité : des néons froids et bleutés baignent les nuits séouliennes où s’éprouvent la solitude et le désir, tandis qu’en plein jour, une lumière plus chaude et naturelle révèle la tendresse, la chaleur humaine et la possibilité d’un apaisement. Ce contraste visuel prolonge le trouble intérieur de Cheol-jun, partagé entre ce qu’il cache et ce qu’il espère enfin montrer."


"Plutôt que le spectaculaire ou le militantisme frontal, il choisit la douceur du quotidien par le prisme d’un regard hésitant, un geste trop lent, un rire à moitié contenu. Entre la clandestinité d’un « rendez-vous flash » et la lumière éphémère d’une soirée conviviale, 3670 tisse une tension continue entre appartenance et exclusion. Calme, pudique mais vibrant, le film invite à repenser la représentation des minorités – non plus comme un drame pur, mais comme une vie fragile, vivante et ouverte."


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Cinememories
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le 16 déc. 2025

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