ACHTUNG SPOIL!
Compte-rendu plat au premier degré, pas inspiré du tout, qui extrait les thèmes abordés en écrasant la subtile approche du film, mais qui le résume pour ceux qui ne pourraient pas le voir, ou pourrait donner envie aux autres de lire les autres critiques et d'aller le voir (critiques qui ne sont pas mal du tout, moi je ne connais rien à Rohmer par exemple).
L'air de rien, le fond est rendu par la forme.
En vertu du hasard, trois trajectoires alternatives sur une même carte, laissent pourtant supposer que "même s'il y avait un destin, il serait possible de passer à côté - encore que..."
Une jeune Chinoise surnommée Brooke (la traduction anglaise de son prénom), cherche dans une ville de Malaisie, Alor Setar, ce qui lui a donné son nom - un ruisseau. Elle est venue se trouver elle-même.
Mais cela ne nous sera révélé qu'au fil de ses entrevues.
Ses interlocuteurs représenteront divers degrés d'authenticité ; de l'amitié sincère (mais probablement sans lendemain) au compagnonnage réparateur (avec une "âme soeur" venue de l'autre côté du monde, un Français!), en passant par la dérive décevante au côté de politicards, beaux-parleurs professionnels dont le projet est de rénover leur coin du monde pour attirer les touristes (tartufes qui se prennent pour des arbitres du vrai et du faux).
Chaque rencontre dévoile un aspect de sa vie, une "couche" de sa personnalité. La touriste superficielle d'une naiveté agaçante ; l'anthropologue ; celle qui pour tenir un pari absurde visite un lieu qui porte son nom. Mais le même acte est le fruit de motivations multiples, informulées et plus dramatiques. Ce qui apporte des dimensions supplémentaires au récit.
En traduisant ses pensées, elle dévoile une raison plus profonde de son voyage, et révèle sa propre vérité. Le Français, premier avec lequel elle doit se forcer à abandonner sa langue maternelle, devient le confident qui l'aide à mener sa quête jusqu'à son triste résultat. L'accompagnant alors dans sa propre recherche, elle découvre une merveille inespérée, les "larmes bleues". A l'objectif décevant, le parcours substitue de nouveaux buts.
Et lorsque les habitants les saluent lors de leur promenade en bateau sur la rivière qui traverse la ville, on réalise que chacun d'entre eux aurait pu devenir leur ami, et le peut encore, même si les circonstances les ont envoyés sur des chemins divergents. L'eau est un lieu de passage qui relie.
Un film qui se présente comme un modeste ruisselet, dont il faut suivre le fil pour en sonder les profondeurs.
Mention spéciale au chanteur/gourou/conteur/dieu débonnaire.
(to brook : souffrir - ça je l'ignorais)