Comme une envie soudaine de revoir les films de Rob Zombie ces derniers temps. Autant repartir sur sa trilogie bien connue, celle des rebuts du diable. Et surtout, enfin voir ce troisième opus, que je n'attendais pas et dont la sortie m'était sortie de la tête (ça explique six années de retard).
Revoir La maison des 1000 morts a véritablement été une redécouverte. Un film plutôt déséquilibré dans son histoire, mais en aussi en total dérapage contrôlé dans sa mise en scène et son montage. Il est parfaitement gênant ! Le second acte et ses victimes principales m'ennuient quelque peu, les dialogues s'éternisent et j'ai beaucoup de mal avec le jeu de Sheri Moon Zombie aka Baby (problème qui va se retrouver sur toute la trilogie).
Alors que toute la première partie avec Captain Spaulding m'éclate ! Le personnage de Sid Haig, ce clown effrayant et crade que l'on s'attend à voir exploser dans sa folie à n'importe quelle seconde, est brillamment interprété. Et son absence sur le reste du film se fait ressentir.
Puis le dernier acte et son changement d'univers presque surnaturel, tout en gardant cette imagerie malsaine et crade, reprenne le dessus. Aucune chance que cette dernière victime s'en sorte maintenant qu'elle est dans l'antre de Dr Satan et de ces autres créatures.
Un avis un peu mitigé à cause de ce déséquilibre, mais ce film jouie de très gros points forts pour compenser.
Sa suite, The devil's Rejects, a un succès totalement mérité. J'ai toujours considéré que les vrais héros des films d'horreur étaient les monstres et autres tueurs. C'est donc un réel plaisir de voir cette idée poussée jusqu'au bout. Un roadtrip familial de badguys, auquel on s'attache alors qu'ils sont parfaitement détestables, je suis conquis. Le Captain et son fils Otis sont les personnages forts, car je n'adhère toujours pas au personnage de Baby (ou en tout cas au jeu de son actrice). Un excellent choix de musique, sur une mise en scène assez codé et sale (cependant moins glauque), continue de travailler ce dérapage contrôlé. On reste sur une idée assez anormale, mais qui fonctionne totalement. L'horrible est beau, à sa façon. La séquence finale, sur la chanson Free Bird, illustre parfaitement cette idée. On quitte nos badguys avec un véritable baroud d'honneur presque émouvant.
Mais ce n'était pas la fin ! Rob Zombie n'a pas résisté à l'idée de faire une suite supplémentaire.
Malheureusement, ce dernier épisode de la trilogie est à nouveau déséquilibré, mais surtout, le dérapage n'est plus contrôlé. Alors, oui, on est étrangement heureux de revoir ces odieux personnages. Mais ils étaient morts, jusqu'à ce que cette bonne vieille pirouette scénaristique les laisse vivre pour de nouvelles aventures. Enfin, sauf pour le Captain. Il est présent sur les premières minutes du film, mais pour finalement l'éjecter dans une condamnation à la peine de mort hors caméra. Certes, son acteur était en très mauvaise santé, ce qui explique son absence du reste de l'histoire (il est d'ailleurs mort l'année de la sortie du film), mais son traitement est finalement trop rapidement expédié et donc très maladroit.
Son personnage est remplacé par le beau-frère d'Otis, Winslow le Midnight Wolf. Sinon le titre ne serait pas très cohérent, je vous laisse faire le calcul.
La première moitié du film, après nous avoir mis à jour sur l'existence de nos vilains, ne fonctionne pas très bien. Il n'y a pas d'effets de surprise, tout est assez attendu, sans moment de tensions. Ils s'en sortent sans difficultés, malgré leur isolement. Car il y avait pourtant cette bonne idée de séparer les personnages : l'un déjà en cavale (secouru par le beau-frère sorti de nulle part) pendant que l'autre reste en prison à survivre et faire vivre un enfer au personnel pénitencier (qui sont assez ridicules cela dit en passant). La mise en chantier du plan d'évasion de Baby ressemble à une auto imitation de la scène du motel du film précédent, mais en moins bien. Le sadisme de ces personnages ne se fait pas ressentir. La violence n'est pas maîtrisée, et le plan se déroule sans accros tout en étant assez oubliable, sauf pour le meurtre en extérieur légèrement comique avec la mamie sous oxygène en plein soleil. Sinon, ça devait arriver, point barre. Une fois la famille réunie, les meurtres reprennent, un peu bêtement, dans une cavale vite fait expédié vers (je vous le donne en mille) Mexico.
Alors que sur cette première moitié, les protagonistes ne sont pas particulièrement intéressant et l'image un peu brouillonne, on retrouve maintenant du beau. Le style est beaucoup plus léché, la musique fonctionne à nouveau, et l'excitation remonte (même s'il y assez peu de surprises quant au dénouement). On sent que Rob Zombie aime mettre en scène des personnages à sales gueules, que l'action doit être maitrisée et la violence à la fois très esthétique sans être bêtement gore. L'excentricité de ses personnages, au beau milieu d'une fusillade redevient étrangement amusante. Et étonnamment, c'est le seul moment de la trilogie où je trouve le jeu de Sheri Moon Zombie juste. Elle en fait moins des tonnes, tire moins la couverture à elle tout en allant chercher un moment presque touchant dans sa discussion avec le nain, visiblement en train de tomber amoureux, qu'elle rencontre à Mexico.
Bien qu'à nouveau séparés (sur une moindre distance certes), nos trois vilains se démènent et éliminent un à un les membres du gang venu se venger. Ils maîtrisent la situation, car rien ne peut arrêter des êtres sans peur, prêts à toutes les folies pour continuer de semer le chaos. Aucune raison de s'inquiéter pour eux, de toute façon ça n'est pas le but.
Ce film est le moins bon de la trilogie, c'est le problème des suites de trop. Sans pour autant être mauvais, la maîtrise y est simplement moins bonne. Il est peut-être le plus propre, mais en même temps cet aspect crade qui donne envie de se laver fait partie de l'ADN de ses prédécesseurs. La forme est ici plus classique en vérité.
Les rejetons de l'enfer continuent donc leur escapade sanglante, increvables, fous, mais sans obstacles sur la route cette fois.