J'ai un peu eu devant ce film la même impression légèrement frustrante que devant Django, sur la traversée de la guerre par un guitariste tzigane refusant de se sentir concerné par le conflit. Je m'étais dit qu'il était risqué de faire un film sur une non-action. Et à vrai dire, je m'étais un peu ennuyée. Rebelote ici. Romy Schneider passe trois jours à déprimer au Sofitel de Quiberon, où elle ne boit plus, ne mange que très peu, et fait une diète sociale, en compagnie d'une de ses rares véritables amies allemande. Surgit un journaliste avide de confidences sensationnelles, accompagné par un photographe massif qui en pince pour l'actrice. Après, ils se croisent, ils se parlent, ils s'évitent, ils mangent et boivent, mais voilà pour la partie qui bouge... Le reste se passe en sous-main. Romy replongera-t-elle ? Son amie pourra-t-elle tenir les démons éloignés ? Qu'arrivera-t-il dans son divorce si elle échoue à démontrer qu'elle est une personne responsable ? Pour les gens un peu binaires, comme moi, ça revient à regarder une équipe de basket composée de nains tenter de se qualifier pour les championnats régionaux : protagonistes en situation délicate et enjeu modéré. Donc décrochage garanti. Après, l'actrice a su cultiver une ressemblance parfois troublante, le noir et blanc a souvent du charme, et le huis clos est pourtant une belle ficelle pour créer de la tension. Mais ça n'a pas vraiment suffi...