J'avais vu "Gold Diggers of 1933" sorti la même année il y a 3 ans, mais je n'en garde que de bien maigres souvenirs. La comédie musicale, même quand elle est encapsulée dans un emballage aussi croustillant que celui du Pre-Code, ne m'émeut décidément presque jamais. On pourrait voir dans "42nd Street" une veine comparable, une sorte de Broadway vu au travers de ses coulisses, avec toutes les contraintes et les papillonnages qui peuplent les décors d'un spectacle en cours de production. On reconnaît la période de licence artistique du début des années 1930 à ses opérations de séduction absolument omniprésentes, mais dans l'idée le schéma est très classique : un producteur lance ce qui doit être son dernier spectacle mais tout ne se passera pas comme prévu, avec péripéties rocambolesques jusqu'à la toute fin, in extremis, le suspense étant maintenu jusqu'à la représentation montrée en ultime séquence.
C'est un film caractérisé par son effervescence, amoureuse entre autres, mais également dans la construction du show avec tous ces danseurs et danseuses qui s'activent pour répéter leur numéro. Un dense réseau de compétitions (amoureuse et sportive, disons) structurent les rapports, avec une vue privilégiée sur l'envers du décor — le devant du décor, le spectacle, ne sera montré qu'à la fin. Le cœur des enjeux tient à la blessure de la méga-star, qui devra être remplacée par une choriste anonyme (et évidemment, tout cela se soldera par un grand succès et un happy end). Mais rien de follement passionnant à mes yeux, tout tourne autour de querelles assez vagues et sans le surgissement de dialogues acérés — ou alors je n'étais pas assez réceptif à l'ambiance de crise teintée de romantisme.