1987, Roumanie, quelques années avant la chute du communisme. Ottila et Gabita partagent une chambre dans la cité universitaire d'une petite ville. Gabita est enceinte et l'avortement est un crime. Les deux jeunes femmes font donc appel à un certain M. Bébé pour résoudre le problème. Mais elles n'étaient pas préparées à une telle épreuve.
4 mois, 3 semaines, 2 jours est un drame Roumain de Christian Mungiu (IRM, Baccalauréat...), palme d'or du Festival de Cannes en 2007.
Je ne m'attendais pas du tout au film que j'ai vu, je l'avoue. J'imaginais l'intrigue focalisée sur l'avortement baignant dans une atmosphère misérabiliste mais celle ci dépasse largement ce cadre, filmant la soirée difficile d'une jeune femme, Otilia, dans une Roumanie sous la botte des Ceaucescu qui va bientôt s'effondrer. Elle compose avec différents protagonistes peu aimables, à commencer par Gabita, celle pour laquelle elle va prendre d'énormes risques (L'avortement est criminalisé en Roumanie dans les années 80) et passer une bien mauvaise nuit. Gabita est une de ses colocataires universitaires du dortoir qui est enceinte et souhaite avorter.
Passive, inconséquente, Gabita laisse Otilia prendre tous les risques et même payer de sa personne, en raison de demi vérités voire de vrais mensonges lors de négociations préalables avec Monsieur Bébé, un avorteur au curieux patronyme sans scrupules.
Invitée dans la famille de son petit ami pour l'anniversaire de sa mère, elle arrive stressée et en retard, culpabilisant visiblement d'avoir laissé Gabita seule après que l'intervention ait été réalisée.
Elle se retrouve à table avec une bande de "quinquas" avinés et détestables qui parlent sans discontinuer....que ces gens qui dégoisent non stop sont irritants et pénibles. Je crois qu'ayant déjà parfois vécu de telles situations où l'on se sent si seul au monde que l'on se réfugie dans le silence, c'est à cet instant que je me suis senti le plus proche d'Otilia, seule et mutique, au milieu d'une bande de mufles imbus d'eux mêmes qui parlent pour ne rien dire, en regardant uniquement dans le rétroviseur....
Après une explication orageuse avec son fiancé qui l'a trouvée distante durant le diner (Je subodore qu'après ce repas, le couple a pris du plomb dans l'aile...), elle reprend le chemin de l'hôtel et retrouve Gabita à table et affamée....qui lui a tout de même demandé au préalable d'ensevelir son foetus et pas de le balancer dans une poubelle.....quelle ingratitude!
Otilia, quand à elle, n'a visiblement pas beaucoup d'appétit....on la comprend.
4 mois, 3 semaines, 2 jours est un film assez abrupt et inconfortable qui mérite, selon moi, d'être vu d'autant plus qu'il dresse un portrait réaliste et sans fard du genre humain.
Ma note: 8/10